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Vinczt83Ami(e) de bon goût, je te souhaite une bonne visite et une bonne lecture sur ce petit site amateur traitant de films, de séries, de musiques de films et de livres. October 15 BatmanHo oui!! Quel magnifique cadeau d'anniversaire que l'édition collector 2DVD du premier film sérieux de Batman! Voilà l'occasion de revenir sur un film qui est peut-être mon tout tout premier film de ma vie. Il faut remonter à l'époque où, âgé de 4ans (1992 donc) , ma grand-mère m'offre la cassette du Batman de 1989 de Tim Burton. C'est ainsi que dans le générique je vois apparaître pour la première fois deux noms qui me seront familiers par la suite : Tim Burton (évident) et Danny Elfman. Je me rappelle particulièrement aussi de la longueur de ce film. Deux heures quand on a 4ans, c'est horriblement long! Aussi ai-je souvent visionné le début du film mais je ne réussis à le visionner entièrement que un ou deux ans plus tard. Il faut dire aussi que le film fait peur. L'histoire de Batman en elle-même (un garçon qui voit mourir ses parents sous ses yeux) est déjà violente, alors la naissance de Joker avec son visage déformé ainsi que le personnage en lui-même qui tue pour le plaisir, cela constitue pour un garçon de 4ans un spectacle assez spécial.
Et pourtant le film est une grosse production hollywoodienne. La prestation de Jack Nicholson vaut à elle seule le détour tant le Joker apparaît alors comme un personnage horriblement passionnant. Tim Burton a toujours mis les méchants en avant, il ne fait ici pas exception à la règle, ce qui est d'autant plus gênant quand le film en question doit viser un public large (dont les enfants complètement accrocs du dessin animé Batman du dimanche matin). On reste cependant très loin de l'horreur visuelle, sonore et morale de Batman Returns, car le premier Batman reste quand même un spectacle qui remplit plus qu'honorablement son but. Les plus gros défauts résidant cependant dans le premier film de Batman, c'est aussi le fait qu'on sent la pression des producteurs pour faire un gros spectacle, certaines situations ne servent presque à rien, si on excepte le "je vous en mets plein les yeux". Je pense notamment à Batman qui tire de son avion sur le Joker et qui, avec trois salves de mitraillettes et deux missiles, le rate de trois ou quatre mètres avec un viseur à la pointe de la technologie. Mouarf!mouarf!mouarf! Faut dire que le Joker doit rester en vie pour le final de la Cathédrale, une scène merveilleuse où on peut encore noter l'inutilité, ou plutôt l'incohérence, car les scènes sont assez cocasses, de Batman qui se bat avec des hommes de main du Joker qui sortent d'on ne sait où des recoins de l'église. August 16 King Kong (2005)Décidement, le cinéma d'aujourd'hui n'a plus aucune inspiration. Surfant sur la vague nostalgie en adaptant de vieilles séries télé cultes (Starsky & Hutch, Mission Impossible, Wild Wild West...), des livres (Harry Potter, Le Seigneur Des Anneaux) ou en accumulant les reprises (La Colline a des Yeux) ou les suites (Alien VS Predator), c'est cependant avec une excitation mêlée d'anxiété que l'on apprend la mise en chantier d'une nouvelle version du monstre culte du cinéma : KING KONG. D'autant plus que derrière la caméra ne se trouve pas un tâcheron, puisqu'il s'agit de Peter Jackson, à qui l'on doit Le Seigneur Des Anneaux, The Frighteners et autres films considérés à juste titre comme des chef-d'oeuvres. Le bonhomme barbu est en effet un grand fan du singe géant qui menace les avions du sommet de l'Empire State Building ; lui-même le dit d'ailleurs assez souvent : le King Kong de 1933 a marqué sa vie!
Mais il faut savoir qu'avant de s'attaquer à la colossale trilogie de J.R.R. Tolkien, Peter Jackson voulait réaliser son rêve. Nous sommes alors en 1998 et les producteurs, en faisant le bilan des sorties des grosses bébêtes de l'été, considérèrent que cela aurait trop fait pour une même cuvée. Avec Mon Ami Joe (le King Kong made in Disney) et Godzilla (le moyen mais quand même impressionnant lézard du livreur attitré de blockbuster Roland Emmerich), Peter Jackson voit son gorille lui filer entre les doigts. C'est après le succès de sa trilogie qu'on lui autorise enfin à rerere(re?)mettre en scène son projet.
Décembre 2005 : King Kong sort.
Avis mitigé? Un peu quand même... Car il y eut une nouvelle qui surprit quand même pas mal de monde : le King Kong de Peter Jackson dure trois heures. On n'ira pas dire que ce fut un véritable choc mais il faut tout de même l'avouer : un film dont tout le monde connaît l'histoire qui dure trois heures, c'est un peu rajouter du sel sur les frites de McDo!!! Ca ne se fait pas et ça sert surtout à que dalle!!! Si j'ai envie d'être méchant sur la longueur du dernier film en date du bonhomme barbu, j'écrirais que son King Kong est un mélange de Titanic, de Jurassic Park et de Godzilla, avec une heure chacun. Heureusement, je ne suis pas méchant, et le fait de posséder maintenant le film en DVD (je parlerai donc uniquement de la version cinéma et non de la version longue) permet de relativiser sur la longueur excessive du long-métrage.
Car King Kong version 2005, c'est quand même très long. Trop long même! On sent bien que Peter Jackson a réalisé ce gros spectacle avec un amour certain pour le cinéma, il n'empêche que son enthousiasme immodéré ne l'a pas empêché de vouloir développer au maximum son histoire. Un peu comme si le cinéaste s'était dit : "Le public connaît déjà l'histoire de King Kong, il faut donc leur donner quelque chose en plus". Jusqu'à là, on devine clairement que ce plus réside dans les effets visuels qui permettent d'abandonner le type en costume de singe pour donner vie à un primate plus vrai que nature. Mais là où on ne s'y attendait pas, c'est que Mr Jackson s'attarde sur des personnages dont on se fout ROYALEMENT. La relation pseudo-affective entre le marin blanc-bec et le vieux loup de mer noir, entre le Chinois et le cuistot ou encore l'équipage un peu louche sont autant des sous-intrigues qui auraient pu être intéressantes si elle n'avaient pas été aussi si peu développées et mal placées. Et encore ce n'est pas ça qui confère au film sa longueur assommante, il y a également les nombreux plans circulaires aériens sur le bateau en pleine mer (même principe appliqué dans Les Deux Tours lors de la poursuite des Orques par Aragorn, Gimli et Legolas), l'attachement à des détails insignifiants et j'en passe... Bon, on vous le cache pas : les foules sont venues voir un singe géant courir à New York et on entrevoit la bête qu'au bout d'une heure de métrage. Peut-être que Peter Jackson voulait à tout prix faire monter l'envie chez son public, il n'en reste pas moins que, si cela s'avère un tantinet efficace, l'attente aura été insoutenable.
Mais dès que le singe apparaît enfin, il est en premier lieu montré comme une bête violente et solitaire, en témoigne son apparition violente (et impressionnante) lorsqu'il arrache Ann Darrow (sublime Naomi Watts) de ses liens. Pour un peu, le geste est si brusque qu'on s'étonne qu'elle n'y laisse pas un bras. Et c'est justement quelque chose qu'on retrouvera pas mal dans le film, c'est que King Kong, c'est quand même un peu violent, en plus d'être un peu long. La crudité de certaines scènes en a étonné plus d'un, surtout quand on sait que le film est tout public (en France du moins). Il est vrai que le sang n'est pas ce qu'on voit le plus (à vrai dire, on n'en voit très peu et même les combats des grosses bêtes restent très softs, à défaut d'être brutaux), mais ce sont surtout les pauvres aventuriers écrasés que l'on voit le plus, le tout sans oublier le passage où l'équipe du film se fait attraper par les indigènes (l'écrasage de crâne avec la massue et les gouttes de sang qui coulent sur la prochaine victime, c'est vraiment malsain...). Pas de doute, Peter Jackson aime trucider, et son besoin s'en ressent même dans cette grosse production où on en prend plein les yeux et plein les oreilles.
Et c'est là qu'on aborde un point qui a causé de nombreux débats avant et après la sortie du film : les effets spéciaux sont-ils beaux? Au tout début, lorsque les premières images ont été diffusée en été 2005, beaucoup reprochèrent aux dinosaures d'être mal foutus, de même pour le grand singe (qui fut retouché par la suite en rajoutant ça et là des poils et des cicatrices). Bon, avouons une chose : les effets spéciaux sont voyants. On y croit sans trop y croire, car si le singe a bien été remanié, le cas des dinosaures a été un peu moins revu. Ensuite, peut-être que je suis tâtillon mais les reptiles préhistoriques sont quand même bien moins faits que ceux de Jurassic Park (oui, je prends une putain de référence, là!) ; d'ailleurs, on ne pourra s'empêcher de penser à John Hammond ou à son neveu lors du plan où Carl Dehnam apparaît horrifié après la fuite de King Kong.
Cependant (et oui, il y a un "cependant"), le style des bébêtes est volontairement stylisé bande dessinée. Et il en est de même pour les décors. Que ce soit New York ou Skull Island, les décors, bien que très beaux, sont à la frontière du réalisme et de la bande dessinée. Un effet qui se voit, en regardant de plus près, plus sur un écran de cinéma que sur une télévision. Mais bon, si on peut reprocher le fait que les effets spéciaux sont voyants et parfois sales, comme le témoigne la terrible poursuite des diplodocus, cette poursuite a quand même un avantage. Si les incrustations sont un peu moches (les aventuriers notamment), l'action est intense, le tout est jouissif, rapide, excitant, et c'est un tour de force. Après ce passage, on est complètement réveillé (toujours ce problème de longueur) et décidément, toute la période de l'île demeure le passage le plus intense du film. Les péripéties des aventuriers et de Ann Darrow en proie chacun aux dinosaures ou à Kong sont des moments d'anthologie. La poursuite, le combat contre les T-rex, les insectes géants ou le tronc d'arbre malmené par le grand singe, autant de scènes diablement affolantes et audacieuses. Mais aussi violentes. A chaque danger un mort. Une brutalité non dissimulée qui prend le spectateur par le col et lui dit "Tu es peut-être ici pour mater un film à grand spectacle, il n'empêche qu'on en défonce plus d'un pour ton plaisir". Homme au crâne écrabouillé, ingénieur du son abattu par une flèche sans oublier les marins qui se font un par un écrasés par un dinosaure ou un singe géant au goût prononcé pour les blondes, on retiendra particulièrement une scène particulièrement dérangeante où le personnage d'Andy Serkis (accessoirement le modèle réel de Kong et du torturé Gollum du "Seigneur Des Anneaux") meurt étouffé par des sangsues géantes (ce qui n'est pas sans rappeler le Craken aux portes de la Moria ou la poursuite avec Arachnée). Une mort lente et atroce, l'homme se débat en vain... Effrayant...
Mais avec un tel déluge d'action, on est en droit de s'attendre à des trucs tout bêtes qui nuisent à l'ensemble comme le jeune blanc-bec n'ayant jamais manié une arme qui tire sur des insectes gros comme des rats qui sont en train d'attaquer un pauvre mec, sans qu'aucun balle ne blesse le mec! Pas très crédible...Mais très américain surtout! C'est d'ailleurs un paradoxe quand on sait que Peter Jackson est néo-zélandais (à noter qu'avec Paul Verhoeven qui est Hollandais, on peut dire que le cinéma européen n'est pas encore tout à fait mort).
Bon ensuite, qui dit remake dit forcément clin d'oeil. Et les clins d'oeil, il y en a pas mal, à commencer par le King Kong de 1933 où Carl Denham cherche une remplaçante pour l'actrice principale de son film en citant Fay Wray (Ann Darrow dans le film de 1933) en tournage avec Cooper (le réalisateur) pour le compte de la RKO (la société de production). On y retrouve aussi le T-rex qui se fait briser la mâchoire, l'affrontement entre les aventuriers et Kong sur la grosse bûche qui fait le pont entre deux falaises. Vous me direz, c'est pas vraiment des clins d'oeil, c'est même normal (on est dans un remake). N'empêche que les références à d'autres films fusent. A commencer avec Jurassic Park (l'émerveillement devant un diplodocus, la fille qui fuit et tombe sur un T-ex en plein repas...) puis Titanic (le couple qui assiste sur le pont au bateau qui racle la falaise) et enfin Godzilla made by Roland Emmerich (la poursuite en taxi par le monstre).
Bizarrement, c'est la scène la plus connue du mythe de King Kong qui s'avère être la moins bien rendue. Tout le monde connaît l'histoire : le gros singe grimpe l'Empire State Building avec sa poupée barbie qui crie, bombe son torse, attrape les avions et les bousille. Cette scène a quand même le mérite de moins s'étaler en longueur que les autres, la plus grosse partie étant réservée à l'aventure sur Skull Island, avec les méchantes bébêtes qui sortent de l'eau, du ciel, du sol, du trou du cul du monde en somme.
Il est vrai qu'on sait à l'avance la fin du film, et, consciemment ou non, le spectateur sait qu'il va se faire chier! Parce que même s'il demande de l'action, le spectateur veut surtout de l'action dans laquelle il peut se reconnaître, et le spectateur basique s'identifie généralement à Jack Driscoll ou à Carl Denham ou un des aventuriers qui court entre les pattes d'un troupeau de brontosaures (ou diplodocus, j'ai pas mon cours de Jurassic Park sous la main) et qui évite de se faire écrabouiller en regardant derrière soi et de se manger dans un buisson en regardant devant soi et éventuellement au passage éviter le vélociraptor qui a décidé de vous prendre pour un steak saignant qui court. Parce que jamais on ne s'identifiera à King Kong, on mangera du pop-corn durant la colossale bataille des T-rex mais l'adrénaline sera vraiment là lors des scènes d'action avec les aventuriers.
D'ailleurs, ce n'est pas glorieux de vouloir d'identifier à un gros singe qui crie sur un toit (il a dû réveiller les voisins).
Bon allez, on va boucler ce petit article (que je fais traîner depuis presque 3 semaines si c'est pas plus).
Que retenir de King Kong version 2005, les enfants? Que les singes préfèrent les blondes?...Pas faux! Mais encore?
Alors toi tu viens de me dire "C'est un film pop-corn un peu long mais le spectacle est bien présent, c'est visuellement agréable sans être agressif, bien que quelques scènes sont moralement violentes"?
Tout est dit!
August 04 Pirates Des Caraïbes : Le Secret Du Coffre MauditFort du succès durant l'été 2004 (deux ans déjà), les créateurs des Pirates des Caraïbes lancent une trilogie. Il est vrai qu'avec un trio pouvant ramener les fans de Johnny Depp, Orlando Bloom (allez les filles!!) et des décolletés peu remplis de miss Keira Knightley (allez les mecs...notez le manque d'enthousiasme), l'occasion de se faire un max de blé en se frottant les mains grâce à un blockbuster léger qui ramène sur le devant de la scène les aventures des pirates et leur chasse au trésor, l'occasion était bien trop trop trop trop belle!! Pas de risque de se faire copier car avec Johnny Depp de son côté ainsi que sa certaine notoriété (hum...), Jerry Bruckheimer (producteur des trucs qui pètent de partout genre Armageddon ou Les Ailes De L'Enfer mais aussi de séries sympathiques comme Les Experts : Miami malheureusement programmées en même temps que Desperate Housewives) assure de façon admirable son arrière-train, et en plus le 3ème épisode des Pirates gardera encore et toujours la même recette : un trésor, des méchants pirates, des gentils pirates, une fille, un mec, pleins de possibilités, etc... Et surtout Jack Sparrow.
Il est dingue de voir à quel point Johnny Depp est au centre de ce 2ème opus. Il faut dire que sa prestation mémorable dans le 1er épisode était de loin l'atout majeur mais les producteurs ont bien compris que le personnage se devait de porter littéralement tout le film sur lui. Et c'est pas un Orlando Bloom fidèle à lui-même (comprenez toujours aussi transparent) qui retrouve son papa décédé ou une Keira Knightley qui veut retrouver son amour en danger qui vont assumer tout ce qui fait le charme du long-métrage, à savoir les péripéties de Jack Sparrow. Personnage devenu presque légendaire grâce au cabotinage de son interprète, chacune de ses apparitions promet un éclat de rire, que ce soit sa façon de courir, de marcher, de parler, de s'échapper d'une tribu cannibale ou de récupérer une clé.
Mais bon... Tout cela est du divertissement pur et dur (et long aussi...2h10...des potes l'ont surnommé "le film qui ne finit jamais") et il est vrai sur la fin, on se fait chier. Ce n'est pas la faute au scénario, car on sait d'avance qu'avec des pirates, le minimum syndical c'est vacherie, trahison, combat à l'épée, trésor, poursuite en bateau et coffre à trouver. Ici, il s'agit de retrouver un coffre qui contient le coeur d'un légendaire capitaine mi-humain mi-poulpe à la tête d'un équipage d'hommes-mers (homme-ourson, homme-marteau, homme-coquillage), ce qui permet de ressortir le truc vu dans le 1er film, soit les pirates victimes d'une malédiction. Là, il s'agit de travailler 100ans pour Davy Jones (le capitaine-poulpe). Et donc après les pirates décomposés immortels, on a droit à la rascasse, avec des peaux vertes incrustées d'étoile de mer, d'algues et j'en passe... Ca donne un petit festival visuel sympathique et il est vrai qu'on s'en prend plein les mirettes, mais bon... On tombe toujours dans le numérique "en veux-tu en voilà". Encore que ce n'est pas l'épisode III de Star Wars (mes yeux en papillonnent encore) et que ça a le mérite de ne pas être trop voyant, et qu'au final ça reste assez fun. Mais c'est assez agressif par moment, notamment pendant l'attaque de la pieuvre géante qui enserre le navire avec les tentacules qui jaillissent de partout... Et c'est là qu'on peut également dire qu'un certain cap a été franchi. Là où la violence était assez désamorcée dans le 1er film (les pirates étaient alors immortels), on a ici droit à des corps qui s'empilent. Bien sûr, c'est assez discret et plus suggéré qu'autre chose mais la scène d'ouverture où un corbeau se fait déchiqueter par un coup de pistolet annonce une couleur bien plus sombre, notamment avec Jack Sparrow qui n'hésite pas à séduire ouvertement Elisabeth Swann devant son futur mari, cette dernière usant d'une ruse assez surprenante dans un film Disney. Ou encore Jack Sparrow, qui, devant la tâche noire dans la paume de sa main, déclare "Ca ne rend pas sourd" en évocation directe àla masturbation. Mais voilà l'erreur qu'il ne faut pas faire en allant voir un film comme ça : laisser son cerveau branché. Car il faut le dire, Pirates Des Caraïbes, c'est pas du grand cinéma, c'est du cinéma pour grande masse, et la grande masse n'a généralement pas toujours le cerveau branché (Si y en a qui veulent répliquer, je leur conseille de retourner mater TF1 tout de suite), cependant on retient de Pirates Des Caraïbes un divertissement de qualité, le genre de petit cadeau de l'été qui ne se fait que rarement et qui fait toujours plaisir, même si la mécanique n'est pas toujours bien huilée. A vrai dire, c'est comme la boîte à musique : même cassé, ça continue toujours de faire un bruit. Malheureusement pour ceux qui n'aiment pas ce modeste cadeau, il est déjà prévu d'en recevoir un autre, car, en suivant le modèle de Matrix, le 1er épisode est indépendant et les 2 prochains sont indissociables, et Le Secret Du Coffre Maudit ne boucle pas la boucle.
Quant à savoir si le 2ème surpasse le 1er, il est évident que la comparaison est bien peu difficile : les deux films se ressemblent à cela près que l'un se finit plus vite et que l'autre assume pleinement son statut de suite commerciale d'un film initialement commercial en attendant une autre suite encore plus commerciale. Blockbuster de l'été fun mais rien de très concret sur le long terme. Ca passe le temps, on rigole, on sort de la salle de ciné et on va manger à McDo. Pas plus simple que ça. August 01 Desperate Housewives (Saison 1)Si les récentes séries à succès commencent à s'essouffler pour ne pas dire totalement couler, surtout en ce qui concerne les séries mêlant complot, action et concept novateur (Alias, 24h Chrono), c'est du côté des séries qui savent rester proches des univers connus qu'il faudra chercher le nouveau souffle qui fera qu'à chaque épisode l'impatience nous gagnera. Ce fut le cas des Simpson, c'est le cas du récemment achevé Six Feet Under, et c'est aujourd'hui le cas de la série créée par Marc Cherry, soit les très célèbres Desperate Housewives.
Comment expliquer un tel succès pour une série qui ressemble somme toute à tous ces mélos à rallonge du genre Feux de l'Amour? Tout simplement en s'attaquant à un phénomène assez courant dans le monde actuel, à savoir la place de la femme dans la société. De nombreux films remettent en cause l'homme dans son propre monde (Fight Club, American Beauty) en le présentant comme un être n'ayant plus sa place, remplacé de toute part par les machines et par les femmes, ne servant que de hangars à semence. Mais là où ça fait mal, c'est que la femme bénéficie du même lot de problèmes. L'homme devient de moins en moins indispensable. Mais la femme suit le même chemin. L'homme et la femme restent donc unis dans leur problème existentiel. Il serait possible de tergiverser pendant des heures sur la condition du couple, et je risquerai de ne dire que des conneries (oui oui, des conneries plus grosses que celles précédemment lues, ça existe! Dingue, non?), aussi autant aller à l'essentiel. Desperate Housewives, comme son nom l'indique, traite des femmes au foyer. Sont-elles désespérées?
Là est la question. En tout cas, c'est ce qui permet de démarrer l'intrigue de la première saison, soit le suicide de Mary Alice Young, une femme au foyer qui a tout pour être heureuse qui se colle une balle en pleine tête. Les autres femmes au foyer, dont les quatre héroïnes, ignorent la raison de ce geste. Alors que l'on pourrait penser à une lassitude de la vie de la femme au foyer et ainsi soulever la question de la lassitude en général dans une vie saine et accomplie, délivrant une violente satire de la société actuelle du point de vue de ces dames qui n'ont à penser que le ménage, les enfants et le bien-être du cocon familial, Marc Cherry préfère pimenter le jeu et, bien qu'ayant livré un 1er épisode assez acide, il ne cesse de rajouter du sucre sur les prochains pour délivrer le message classique "être femme au foyer, c'est pas de tout repos, mais après une bonne journée, on est toujours content de faire dodo!" et ainsi tisser une intrigue assez fascinante, tirant habilement parti des différents ressorts à savoir suspense, comique, romance et chronique.
Chacun de ces ressorts est personnifié par une des femmes au foyer dont la vie nous intéresse particulièrement :
-Susan Meyer (Teri Hatcher) est une mère divorcée qui élève seule sa fille ; ce personne est le plus comique de part sa maladresse.
-Bree Van De Kamp (Marcia Cross) est la femme parfaite, mais une perfection froide et aseptisée qui, si elle n'inspire pas la sympathie dès le début, révèle ses faiblesses et gagne notre affection.
-Gabrielle Solis (Eva Longoria) est la femme infidèle et matérialiste, peut-être le personnage le moins intéressant mais ses frasques sont quand même efficaces.
-Lynette Scavo (Felicity Huffman) est mère de quatre enfants, soit une femme surmenée, constamment au bord de la crise de nerfs ; sans doute le personnage le plus réaliste et attachant.
La femme est ainsi mise à l'honneur dans ce soap où le générique regorge de références signifiant que le sexe faible (ou beau sexe) l'emporte sur le sexe fort, à savoir le mythe de Adam et Eve et autres symboles du couple, où l'homme est tout puissant, qui sont totalement utilisés à contre-emploi (la pomme écrase Adam alors que c'est Eve qui la cueille).
Chaque épisode relate une des péripéties de chacune de ces femmes qui tentent de survivre dans leur petit monde de banlieue, entourées de leurs enfants, amis et voisins. Et chaque épisode s'avère particulièrement efficace, le créateur Marc Cherry distillant le mystère du suicide de Mary Alice le long des 23 épisodes tout en ajoutant des sous-intrigues à chaque épisode (nouveaux personnages, accidents...).
A noter que le bonhomme s'inspire beaucoup de sa propre vie. Il s'est ainsi inspiré de sa propre mère pour le personnage de Bree, et on peut supposer qu'il transpose sa propre relation mère/fils à l'écran avec Bree et son fils Andrew, qui serait homoxuel (Marc Cherry est également homosexuel). De même que la phrase dite par Bree à son fils dans l'épisode 19 quand ce dernier revient d'un camp pour délinquants "Je t'aimerai même si tu étais un meurtrier!" a également été prononcée par la mère de Marc Cherry envers son fils!!
C'est ainsi que cette première saison s'avère vraiment très riche, tant au niveau des personnages que de leurs histoires. Jamais le spectateur ne se sent largué...jusqu'à ce que la routine se fasse sentir. Et malheureusement, une fois qu'on a compris le concept d'un épisode, il est plus ou moins facile de deviner la suite. Heureusement l'intrigue principale permet de maintenant un suspense constant. Mais on ne boude pas son plaisir car la qualité des interprètes et de la réalisation rendent le spectacle quoiqu'il en soit très agréable. De même qu'un doublage français de qualité restitue à merveille l'ambiance si particulière (et familière même) de cet univers plus ou moins connu avec ses jardins fleuris (que de belles plantes!).
L'ambiance musicale est également très proche d'un certain American Beauty grâce à sa musique légère où les percussions sont largement mises à l'honneur. Le générique est signé Danny Elfman mais ce dernier ne se charge pas du reste de la bande sonore de la série... Quel dommage! Quoiqu'il en soit, le compositeur qui assume ce rôle livre des airs qui rendent hommage au travail du compositeur attitré de Tim Burton.
Alors oui, pour le moment Desperate Housewives, ça a l'air fichtrement génial!! Mais comme déjà dit plus haut, la satire perd de sa puissance au fur et à mesure qu'on avance dans la première saison. Tant et si bien qu'on se retrouve avec un feuilleton presque classique dans son fond (les valeurs familiales, y a que ça de vrai!) même si la forme est assez différente. A la différence que Desperate Housewives n'est pas un de ces sitcoms redondants du genre Notre Belle Famille où chaque épisode se finit toujours bien avec les "Je t'aime et je m'excuse d'avoir été mauvais". Une des principales forces de cette série c'est aussi d'osciller entre la comédie et le drame en passant par une certaine violence morale. En témoigne le meurtre d'une voisine par strangulation dans sa propre maison, ce qui horrifie considérablement la chose : une ménagère qui se fait tuer chez elle, à même pas 100 mètres de ses voisins d'à côté ou d'en face... Effrayant avec du recul! On n'est en sécurité nulle part de nos jours! Une tâche noire sur un tissu rose, en gros, ce qui permet de situer Susan, Lynette, Gabrielle et Bree dans un monde qui n'est pas toujours joyeux, en révélant avec justesse les défauts des personnages les plus improbables (le fils gay, le père sado-maso...).
Et c'est également là qu'on peut relever une grosse tare dans la machine qui semble si bien tourner. Avec un tel regorgement de possibilités, de personnages, d'histoires et d'intrigues, on sent vite la lassitude nous gagner. Bien sûr on ne la sent pas tout de suite arriver, mais dès qu'on a compris le concept d'un épisode (la morale de Mary Alice), seule l'intrigue principale permet de suivre avec intérêt, en guettant le moindre détail ou indice, car c'est vraiment MYSTERIEUX!! (Bienvenue à Mysteria Lane, mouhahahahaha!!!...Excusez cette blague pas drôle.......).
Mais après ça, qu'en est-il de la suite? Je parle bien sûr de la saison 2. Car la saison 1 se termine avec l'impression qu'on a couru bien longtemps (même si le dernier épisode instaure un suspense intenable avec un des flashbacks les plus effiaces qui m'ait été donné de voir), mais sera-t-on prêt à remettre ça encore une fois? Certainement...Mais en allant moins vite... Car la saison 2, paraît-il, n'est pas aussi bien que prévue, ce qui était somme toute prévisible. C'est dur de faire une tarte aux pommes avec des poires par la suite! July 24 Edward Aux Mains d'ArgentConsidéré à juste titre comme le meilleur film de Tim Burton par bon nombre de ses fans, qui permit entre autres de faire connaître au grand public l'acteur Johnny Depp (qui fit néanmoins des apparitions dans des films tels que Platoon ou Les Griffes de la Nuit), Edward aux mains d'argent, de son titre original Edward Scissorhands, s'est rapidement imposé depuis sa sortie en 1990 comme un chef-d'oeuvre en puissance.
Ce fut également l'occasion pour Tim Burton de se libérer un petit peu des producteurs à qui il fit très plaisir grâce à son Batman sorti un an auparavant qui rapporta un Oscar (pour les décors...mais c'est quand même bien!). Et c'est ainsi que le cinéaste de Burbank a pu déverser bon nombre d'éléments de son passé dans Edward Scissorhands. Car il faut savoir qu'en plus d'être une réflexion sur la différence et la tolérance (un thème aujourd'hui récurrent dans un Burton) ainsi qu'une réactualisation et un mixage de nombreux contes et autres mythes, c'est une véritable critique des Américains moyens banlieusards dans leur quartier résidentiel.
Comment ne pas rire devant une telle palette de personnages caricaturaux plus occupés à faire le bonheur de leur pelouse bien tondue plutôt que celui de leurs voisins dont les ennuis ne font qu'alimenter les ragots qui leur permettent de sortir d'une routine meurtrière? L'univers se veut parfait et accueillant, les couleurs sont châtoyantes, les maisons sont aussi bien vertes que mauves ainsi que les tenues vestimentaires des femmes au foyer qui passent leur vie à épier derrière leurs fenêtres. Pour un peu, on a directement droit à l'australopithèque de l'excellente série Desperate Housewives. Mais là où la série en question échoue légèrement, autrement dit dans son acidité qu'on perd au fil des dix premiers épisodes, la satire de Edward Scissorhands s'assume jusqu'au bout, les habitants de la banlieue, malgré les évènements survenus, reprendront leur petite vie comme si de rien n'était. Tim Burton a souvent répété qu'il avait grandi dans ce genre d'atmosphère et qu'il s'y ennuyait profondément. Il n'est pas difficile de retrouver dans le pauvre Edward le jeune Burton évoluant au sein d'une société qui ne le comprend pas. A noter l'étrange ressemblance entre Burton et son héros (même coiffure). Afin de bien marquer l'opposition, Edward apparaît presque en noir et blanc face aux habitants toujours vêtus de rouge, de bleu, de jaune et d'orange. Mais Edward n'est techniquement pas un humain. C'est la création d'un vieil inventeur décédé avant d'achever son travail. Les retours en arrière sont à ce titre les passages les plus émouvants du film, débutant par la solitude de l'inventeur dans une scène ô combien touchante et désespérée quand ce dernier admire ses machines en rêvant qu'elles soient humaines (dit métaphoriquement avec le gâteau en forme de coeur). On assiste ainsi à la création d'Edward que son père spirituel s'efforce d'éduquer en lui donnant des émotions et des règles de savoir-vivre. Mais Edward reste un grand enfant et c'est avec une larme à l'oeil qu'on assiste à la mort de l'inventeur, au passage joué par Vincent Price (un des acteurs préférés de Tim Burton), alors que ce dernier ne finit pas l'homme à qui il a donné la vie. Edward part alors avec un sérieux handicap : ses mains sont des lames de ciseaux longues de 40cm!! Découvert par une des habitantes de la banlieue, l'homme aux ciseaux fait son arrivée dans le monde du bas, ayant jusque là résidé dans l'immense château isolé sur la colline.
C'est là que les mythes et les contes se mélangent. Le savant qui donne la vie fait furieusement penser à Victor Frankenstein. De même que la romance impossible entre Edward et Kim peut faire écho à Roméo et Juliette ou, plus exactement, à la Belle et la Bête. N'oublions pas non plus la dimension biblique avec un envoyé de là-haut désirant apporter bonheur et finalement rejeté par les hommes.
Edward est avant tout quelqu'un qui ne veut que le bonheur des autres. On pense qu'il n'a aucune notion du bien et du mal mais cela n'est pas tout à fait vrai : c'est quelqu'un (je ne vais pas dire un homme) qui a une profonde notion de l'altruisme. Mais c'est aussi un adolescent, et l'amour qu'il éprouve pour la jolie Kim (Winona Ryder qui était à ce moment la p'tite amie de Johnny Depp) le perturbe, pas facile de séduire avec des lames en guise de doigts (un conseil pour Edward : ne joue pas de guitare, ha!ha!) et encore moins quand un grand blondinet baraque (Anthony Michael Hall, star de la série Dead Zone) est jaloux comme un boeuf. Mais Edward devient vite la star de la banlieue, adulée par tous pour ses talents artistiques (jardinier et coiffeur), mais à rapide ascension, grande dépression assurée!! Car dès le moment où il est à tort arrêté et sur le point d'être violé, Edward se rend compte que le monde se sert de lui. A ce titre, la scène où il griffe les murs de la salle de bain tout en se regardant dans le miroir est sans doute la scène la plus triste et violente qui m'ait été donnée de voir. Mais c'est avec la seule déclaration de Kim que ce dernier pourra retourner d'où il vient finir sa vie (s'il meurt un jour), offrant en prime un joli conte sur la raison pour laquelle il neige.
Tim Burton livre ici un conte moderne, une histoire maîtrisée visuellement portée par une musique magnifique (merci Mr Elfman), Edward Aux Mains d'Argent est sans conteste un des meilleurs films du trio Burton/Depp/Elfman. A ne pas rater!
July 10 Final CutSi votre acteur préféré étant petit était Robin Williams, il serait presque un sacrilège de ne pas avoir remarqué, quelques années plus tard, que le bonhomme tentait petit à petit à la fin des années 90 de s'affranchir de son rôle de gentil. Après des divertissements tout public allant du très bon ("Jumanji") au très bof ("Flubber") en passant par la guimauve souvent extrême ("Mrs.Doubtfire", "L'Homme Bicentenaire"), Robin Williams a su étendre son registre et interprété des personnages qui feraient passer le sympathique Alan Parrish de Jumanji en un psychopathe particulièrement vicelard. Ce qui est le cas dans "Insomnia" où Williams et Al Pacino (rien que ça) passent devant la caméra de Christopher Nolan ("Batman Begins"), un très bon thriller où notre chien battu préféré incarne un monsieur vraiment malsain, dont on ignore tout, ce qui ne fait que renforcer ce sentiment d'angoisse. Et pourtant dur à croire qu'une bouille adorable comme Robin Williams (je n'ai pas dit qu'il était beau mais il a vraiment un regard de merlan frit) puisse porter sur ses épaules le rôle d'un méchant. D'autres films ont eu le privilège de ses performances comme "Photo Obsession", que je n'ai malheureusement pas eu le plaisir de visionner.
Si dans "Final Cut" Mr Williams ne joue pas le rôle d'un méchant, il arrive cependant à faire ressentir, à nous pauvres spectateurs endormis dans nos fauteuils, la détresse absolue, le gouffre sans fond où son personnage a plongé.
Dans un futur proche indéterminé, les gens installent dans le cerveau de leurs enfants l'implant Zoé, une puce électronique qui enregistre toute la vie de la personne. A sa mort, cette puce est retirée et est visionnée par un monteur, quelqu'un dont la tâce consiste à choisir les meilleurs moments de la vie pour qu'ils soient assemblés en un film-mémoire diffusé pendant les obsèques. Alan Hakman, qu'un souvenir d'enfance hante, se noie dans son travail de monteur et s'interroge quand, dans une puce, il découvre un semblant de réponse à la question qui le ronge.
C'est avec un scénario aussi fin que compliqué que "Final Cut" a remporté le prix du meilleur scénario 2004 au festival de Deauville. Un prix largement mérité car l'idée est très bonne, originale et offre une réflexion sur les gens qui veulent à tout prix poser les souvenirs sur support matériel plutôt que les garder dans leur esprit. La crainte d'être oubliée à sa mort est universelle, et on ne peut qu'en retarder l'échéance (un jour, pauvres lecteurs, vous serez oubliés de tous!! Mais le plus drôle, c'est que vous ne le saurez pas et n'en aurez rien à foutre quand des vers vous boufferont le nez, mouahahaha!!!!). Avec l'essor des appareils photos et des caméscopes, dur de ne pas être tenté d'immortaliser un instant. Mais cet instant restera-t-il à jamais gravé sur une pellicule? Après tout, c'est le genre de choses qui craignent l'eau, le feu et paradoxalement le temps. Les souvenirs sont-ils fait pour être oubliés? Tous les moyens mis en jeu pour ne pas oublier ne deviennent-ils pas vain au cours du temps? Même une pierre tombale bouge de place, alors à quoi bon? Surtout que les souvenirs ne méritent pas toujours d'être retenus...
A noter le plan final où la personne se regarde dans le miroir et s'en va ; on se retrouve alors devant un miroir vide, comme pour dire que les souvenirs peuvent rester mais ne remplaceront jamais la personne.
Cependant, vous pouvez poser le briquet qui allait mettre le feu à toutes vos photos aspergées d'essence, et allez voir "Final Cut". Car si la réflexion est bien là, le film ne fait qu'effleurer le potentiel énorme d'une idée exceptionnellement riche.
"Final Cut" dure 1h20, ce qui est assez court pour un film aussi intéressant. Car il n'y a vraiment que ça qui fait défaut au long-métrage : sa courte durée. La photographie, la réalisation, la musique, l'interprétation, si je devais donner un prix à la sobreté, c'est à ce film que je le décernerais.
L'atmosphère futuriste n'a loin de futuriste, il suffit de voir les voitures (deux-chevaux, cadillac), et c'est avec de nombreuses interrogations qu'on tente de définir une année à ce monde où se déroulent les évènements.
Omar Naïm, le réalisateur qui signe ici son 1er film, a fait fort en démontrant qu'on peut illustrer l'avenir d'une autre façon qu'avec des voitures volantes. Même l'instrument qui permet de lire l'implant Zoé sent le vieil ordinateur dépassé ; nommé la Guillotine, l'appareil porte bien son nom car il vole en quelque sorte les souvenirs de la tête du défunt.
Outre l'ambiance, il y a également le personnage de Robin Williams, Alan Hakman, un homme tourmenté qui a abandonné sa vie pour visionner et illustrer celle des autres. S'interdit-il d'avoir droit au bonheur après son acte présenté dans l'introduction? Ou son travail le passionne-t-il plus que sa propre existence? On serait là dans une parabole présentant les gens obsédés par leurs écrans de télé ou d'ordinateur... Distant et solitaire, Alan Hakman est quelqu'un de triste, sa relation avec Delila ressemble plus à une rencontre sur le net qu'à quelqu'un de rencontré dans une librairie. Mais Alan ne vit plus. Absorbé par les souvenirs des autres, comme le montre le split-screen qui se démultiplie sans cesse lors de son activité, ce dernier n'en a plus de lui-même. Assistant au bonheur comme au malheur des gens, ayant connaissance de leurs atrocités (violence conjugale, pédophilie...), Alan s'exclut volontairement de la vie sociale. Pourtant ses collègues n'en font pas autant, ce qui, comme il le dit lui-même à un de ses concurrents, le différencie et laisse à penser qu'il est le meilleur en s'exilant et en se considérant comme un mangeur de péché (Sin Eater).
Mais l'implant Zoé est considéré comme un sacrilège. Comme cela le laissait présager dans le synopsis, l'éthique n'est pas respecté avec cette puce qui visionne la vie des gens dans ses moindres détails. D'ailleurs, une des collègues de Alan a une anecdote à ce sujet : une jeune fille de 21 ans, au passé peu glorieux, apprend qu'elle a un implant ; depuis cette découverte, elle devient plus sage mais se suicide. Voici le principal problème que pose cette technologie : cela influe sur le comportement des gens. On peut y voir le bon comme le mauvais, mais cela illustre aussi l'impuissance de la société face aux vices, de même que sa capacité à inculper des gens innocents et de laisser courir les coupables.
Vous l'aurez, je l'espère, bien compris. "Final Cut" dispose d'un énorme bestiaire scénaristique mais c'est avec une pointe de regret que l'on se rend compte que l'idée n'a pas été explorée de fond en comble dans un long-métrage, qui, sans pour autant être maîtrisé, s'achève quand tout commence. Il n'en reste pas moins un bilan plus que positif et je recommande vivement aux gens de voir ce film. July 06 TimeSplitters 2/TimeSplitters : Future PerfectMouahahahahahahaha!!!!!
Parmi tous les jeux auxquels j'ai joués, je crois que bien que les deux derniers épisodes de TimeSplitters à ce jour (soit le 2 et le 3) sont les jeux de shoot les plus délirants!!
Après un premier épisode assez classique, un jeu à la première personne qui se passe à différentes époques, graphismes moyens, premier Quake-Like sorti sur PlayStation 2, les développeurs de FREE RADICAL ne se sont pas imposés beaucoup de limites dans les deux suites, qui se ressemblent vraiment beaucoup, les seules variantes étant la présence d'une versio française et d'un moteur graphique plus propre dans le 3ème épisode.
Le jeu a l'air d'un classicisme affolant tant le principe a été vu et revu et rerevu. Mais si ce n'est pas dans le fond qu'on trouvera son bonheur (dégommer tout ce qui bouge, ça se voit de partout maintenant), c'est bien dans la forme qu'on prendra son pied.
Avec une maniabilité fluide et une galerie de personnages extravagantes armées avec des moyens de défense plus insolites que les autres (un singe ninja avec un fusil à plasma, faut le faire!!), autant dire que les parties ne sont pas tristes!! Malgré un mode histoire qui ne se prend pas au sérieux mais qui reste toutefois agréable à suivre dans le 3ème épisode grâce à des cinématiques bien réussies et bien doublées, c'est dans les différents jeux d'arcades et sous-modes qu'on se livrera les parties de shoot les plus endiablées qui soient grâce au multijoueur. Avec la possibilité de personnaliser tous les aspects de l'affrontement (nombres d'ennemis, sélection des ennemis, niveau des ennemis, armes, musiques, limite de temps, etc.........), on ne peut que s'extasier devant autant de paramètres variables, faisant de chaque affrontement une rencontre unique diablement fun. Voir une petite fille se ballader avec un fusil à pompe, c'est vraiment un gros délire.
June 24 Harry Potter et la Chambre des SecretsS'il y a bien quelque chose qui me démangeait, c'était d'avoir écrit quelque chose sur Harry Potter 3 et 4 et rien sur les deux premiers. Il faut dire que les passages de Newell et Cùaron derrière la caméra amènent un regard très différent sur le trop long séjour de Columbus dans la saga Harry Potter.
Un regard différent, certes, mais pas totalement négatif, car il faut quand même reconnaître que les deux premiers films avaient en commun le souci du respect du travail de J.K.Rowling. Un peu trop même car à force de vouloir respecter à tout prix, on obtenait un résultat bien lourd à digérer. 2h30 dans les dents, ça fait mal.
Chris Columbus, à qui l'on doit les sympathiques mais très enfantins "Maman, j'ai raté l'avion" et autres "Mrs Doubtfire", rempile pour le second épisode de Harry Potter. Après un premier film assez bien accueilli qui ferait croire que la Warner est passé du côté Disney de la force, "La Chambre des Secrets" amène un approfondissement de l'univers déjà posé précédemment.
Mais voilà aussi le principal défaut qu'on peut reprocher à Harry Potter 2 : sa redondance. Prenez le 1er film, superposez-le au 2ème, et vous obtenez à peu de choses près une parfaite symétrie. Les rebondissements, les actions spectaculaires, l'apparition des différents personnages............Tout semble avoir été calculé pour que les deux premiers films soient non pas complémentaires mais bel et bien identiques à la seconde près.
Si toi aussi, cinéaste amateur, tu veux réaliser ta propre adaptation de Harry Potter, voici la marche à suivre :
1) le logo Warner apparaît
2) le titre "Harry Potter et ....." apparaît
3) Harry apparaît
4) les Dursley apparaissent
5) Hagrid apparaît
6) Ron et ses frères apparaissent
7) Hermione apapraît
8) le château apparaît
9) les cours apparaissent
10) l'ennui de lire ceci apparaît
Bref, une autre année à Poudlard et tout semble avoir été mis au point pour que le spectateur moyen se dise "ça a l'air comme le premier mais en mieux".
Pour une fois, ce dernier a raison. Mais ça dépend également à quel niveau il juge le premier film, dont le principal défaut...Non! LES PRINCIPAUX DEFAUTS (notez le pluriel) résidaient dans la liste ci-dessous :
-un manque de rythme
-des acteurs minables peu aidés par un doublage français insupportable
-une avalanche d'informations sans aucun lien qu'on oublie aussi tôt
-une réalisation figée comme la Tour Eiffel
Le rythme, c'est bien ce qui manque. Pas de rythme, ça signifie que le spectateur peut s'ennuyer. Et il s'ennuie souvent. D'autant plus qu'il n'y a aucune cohésion entre les scènes. On passe d'une scène à l'autre de façon passive. Les gens qui ont lu le livre seront heureux de constater que de nombreux éléments sont bien passés au grand écran, mais pour les autres, ils sont complètement largués. Exemple flagrant : on passe d'une scène calme de bibliothèque à une scène brutale de quidditch (meilleure scène du film en passant, on y reviendra plus tard). Aucun souci de cohésion, pas de transition apparente. En fait, les deux premiers films Harry Potter sont une succession de tableaux, des extraits qu'on a assemblé bout à bout dans le genre "BEST OF". Les personnages n'évoluent pas (ou peu), on peut superposer la scène du cours de potion du 1er film avec celle du cours de défense contre les forces du mal du 2ème, et à toi, petit joueur, d'entourer les 12 différences que tu auras pu noter sur les personnages.
On reprochait beaucoup dans le 1er film le peu d'expérience des jeunes acteurs. Daniel Radcliffe joue en effet comme un pied : mis à part froncer les sourcils, ses expressions sont aussi réduites que celles de la Statue de la Liberté. Même si on pourra noter quelques progrès (on préfera dire "moins pire" que "plus mieux"), le jeune interprète a du mal à dire son nom en étant crédible (je suis sûr que son texte est écrit quelque part sur la paume de sa main). Remarque, le petit Daniel n'est pas à blâmer car Rupert Grint (Ron) n'a jamais été aussi à baffer tant son expression de terreur a dû lui donner des rides (même la Statue de la Liberté a d'autres expressions si on la regarde dans d'autres angles). Emma Watson (Hermione) n'a pas spécialement évolué. Les autres personnages n'ont également rien à se reprocher, d'ailleurs les adultes de Harry Potter sont souvent irréprochables car des acteurs comme Maggie Smith ou Richard Harris (décédé peu avant la sortie du film donc son dernier rôle ici) n'ont rien à prouver.
C'est finalement dans les nouveaux personnages qu'on cherchera du sang neuf. Et Kenneth Branagh ("Mary Shelley's Frankenstein", je t'aime!) apportera la touche d'humour supplémentaire, même si son personnage, la prétentieuse canaille, est aussi épais qu'un mouchoir trempé. La créature numérique Dobby s'en tire bien également. Bien faite, réaliste, l'elfe de maison est une réussite...mal exploitée par la suite (son retour dans la Coupe de Feu n'aurait pas été de refus).
Mais là aussi, un grand problème dans Harry Potter : les nombreux personnages. Alors que certains ne servent à rien dans l'intrigue de la saga entière (le personnage de Kenneth Branagh n'est que de passage), on reste dans le flou total pour d'autres comme Lucius Malefoy (détestable Jason Isaacs) dont quelques scènes supplémentaires auraient su apporter plus d'épaisseur à ce protagoniste secondaire.
Comment peut-on passer un quart d'heure sur un cours de Gilderoy Lockhart alors qu'on ne voit apparaître Lucius Malefoy que trente secondes dans chacune de ses scènes?
La faute à un scénario bien lourd! Le côté "BEST OF", c'est pas une blague. D'autant que les scènes n'ont pas le record d'être captivantes (la scène de duel n'a d'intéressant que les sorts jetés, et encore...) à cause d'une réalisation plate et immobile, sans audace. On appréciera les scènes d'action qui sont enfin mouvementées comme la voiture volante ou la scène de quidditch, deux scènes très réussies mais qui n'apportent rien au film si ce n'est son capital spectacle de masse avec effets spéciaux et situations épiques. A ce titre, on ose enfin malmener Harry (oui, on aime ça car il joue quand même comme un balai) : le faire tomber de son balai, lui casser un bras, le faire glisser par terre, mouahaha!! A quand le coup de hache dans la tête?
June 20 Sin CityRobert Rodriguez est un réalisateur assez ambigu. Capable du meilleur ("Une Nuit en Enfer") comme du pire ("Spy Kids"), l'annonce de la nouvelle comme quoi il réaliserait l'adaptation de la célèbre bande dessinée de Frank Miller pouvait rendre sceptique pas mal de monde.
Force est de constater que rarement un comic n'aura été aussi bien retransmis sur grand écran. La plupart des réalisateurs se contentent d'adapter au cinéma, c'est-à-dire actualiser le héros (Spider-Man 1 et 2 de Sam Raimi), changer le ton et en faire quelque chose de plus personnel et globalement plus efficace sur le support d'arrivée (Batman 1 et 2 de Tim Burton), ou encore transposer le matériau d'origine de façon scrupuleuse mais sans aucune âme et réelle ambition, en ne comptant que sur le succès qui amena le film à être mis en chantier (Harry Potter 1 et 2 de Columbus, le 3 et le 4 étant plutôt à part, ou bien dans les exemples récents que je n'ai pas vus mais dont le reproche est clairement représentatif : Da Vinci Code).
Tout ça pour dire qu'il y a un fossé entre adaptation et transposition. Et ces deux méthodes sont souvent critiquées. Une adaptation est souvent considérée comme un sacrilège, le reproche revenant le plus souvent étant une plainte de la part des fans purs et durs du genre "il manque ceci, cela n'est pas placé au bon endroit...". Dans une transposition, c'est cette fois-ci l'inverse, et l'opinion mécontente profère des paroles comme "le réalisateur s'est contenté de remplir un cahier des charges et de livrer un spectacle qui plaira exclusivement aux fans...". Tout ça pour dire que :
On est jamais content!!
Mais que vient faire "Sin City" dans l'histoire? Robert Rodriguez a ici livré une transposition, il n'y a aucun doute, la participation de Frank Miller ayant sans doute beaucoup aidé le réalisateur, épaulé également par son pote Quentin Tarantino (rien que ça) qui lui écrivit le scénario de "Une Nuit en Enfer".
Le plus dur dans une adaptation (ou transposition, utilisez le terme que vous voulez, sinon je vais faire des répétitions et c'est moche dans un texte), c'est de réussir à illustrer le fond et la forme du matériau d'origine.
Si on pourra trouver dans la forme une certaine satisfaction, le fond de l'oeuvre reste légèrement décevant (la faute cette fois au matériau d'origine, dans la plupart des cas... Désolé, Mr Miller, vous vous en prendrez un petit peu dans la face).
Le respect de l'ambiance est sans doute la plus grande réussite du film. Le noir et blanc donne une dimension tragique et intemporelle à l'histoire, connotant un contraste très affirmé entre les extrêmes (blanc : pureté, noir : saleté). Les jeux d'ombres y sont également pour beaucoup et l'action 100% nocturne accentue l'effet pessimiste. Même les pointes de couleurs, une petite originalité qui plaira à nos petites mirettes, n'arrivent pas à rehausser ce monde triste et violent où seule la loi du plus fort gouverne.
C'est justement dans cette optique que la forme ne suit pas le fond. Oui, c'est joli le noir et blanc avec une femme aux yeux bleus et un type aux converses rouges (anachronisme? d'autant plus que les voitures ont l'air de dater des années 50). Le message est pessimiste. Le monde est corrompu. Chaque personnage use de superlatifs le plus souvent négatif ("une chambre pourrie dans un hôtel pourri dans un quartier pourri d'une ville pourie"), sexe, drogue, viol, méfaits, la population entière de Sin City semble être des hommes de mains, des prostituées ou des grosses brutes. Au début, on aime ce point de vue négatif. Mais très vite on en a marre d'entendre toujours la même chose.
Mais on se console car le rythme est très rapide, les actions s'enchaînent sans temps mort, les scènes mouvementées, totalement irréalistes, gagnent en notion artistique incertaine. Les créatures féminines sont de toute beauté (Jessica Alba... Mais quelle déesse... Un clin d'oeil à la Salma Hayek de "Une Nuit en Enfer" peut-être?) et les trois histoires différentes n'ayant aucun lien direct laissent présager des éventuelles suites afin d'éclaircir les mystères (Quel personnage incarne Josh Hartnett? Qui était cette magnifique femme à la robe rouge sur le balcon du début?) qui jalonnent.
Mais les principales défauts restent : une certaine redondance dans les propos (on a compris que Sin City était une ville pourrie), de la violence gratuite cependant artistique qui ne sera pas du goût de tout le monde, etc...
SIN CITY, c'est beau à voir. Mais avec du recul, ça devient un peu creux. On en tire finalement un spectacle sympathique visuellement riche ,original et très beau. Espérons que cette introduction risquée engage une saga à la hauteur. May 26 Marie-AntoinetteJe n'ai absolument rien contre Sofia Coppola.
J'ai adoré Virgin Suicides et ai pu visionner le début de Lost In Translation qui me laissait supposer un petit film pas mal. J'ai récemment vu Marie-Antoinette, dernière oeuvre de la fille du réalisateur du Parrain et force est de constater que j'ai été excessivement déçu. J'avais été prévenu que le film se concentrait exclusivement sur Marie-Antoinette et non sur le milieu dans lequel elle évoluait. A ce titre, la reconstitution historique est magnifique. Le tournage à Versailles, les coutumes ("Tout cela est ridicule!"-"Mais Madame...Tout cela est Versailles!"), on ne peut citer que des superlatifs pour évoquer le côté technique du film. Mais on ne peut s'émerveiller pendant deux heures sur un beau château, de belles robes et du Mozart. A noter que Sofia Coppola utilise avec anachronisme volontaire de la pop pour illustrer un monde luxuriant et abondant. On ne s'étonnera pas plus que ça d'apercevoir une paire de Converse à un moment. A vrai dire, la bande-annonce annonçait déjà la couleur. Rien que l'apparition du titre (bandeau rose sur fond noir avec écrit en noir) nous confirme ce que l'on a vu dans cette bande-annonce. Sofia Coppola a toujours livré des films assez féminins, délivrant ainsi le portrait d'adolescente ou de femme perdue sous les traits de Kirsten Dunst ou Scarlett Johansson.
On retrouve la même recette dans Marie-Antoinette. On retrouve également Kirsten Dunst qui rejoue l'adolescente perdue de Virgin Suicides version Versailles. L'actrice nous prouve de nouveau qu'elle sait jouer autre chose que Mary-Jane Watson. Ca, on le sait. Mais faudrait songer à jouer autre chose que la fifille perdue.
Il est étonnant de voir à quel point Sofia Coppola a su rendre l'ennui de Marie-Antoinette tangible à nous, spectateur. A tel point qu'on s'embête aussi, même si on rit gentiment de ce monde ridicule d'aristocrates ("C'est Versailles", on sait, tais-toi!).
Malheureusement, alors que Marie-Antoinette semble s'épanouir, le spectateur s'embête encore et toujours. L'enjeu du mariage arrangé avec Louis XVI dans le but de donner un héritier à l'Empire n'est qu'une façon assez grossière de tenir éveillé.
Puisqu'on aborde le thème du scénario, on va en parler justement! On pouvait noter dans Lost In Translation (ou du moins la moitié du film car je n'ai pas tout vu) que l'histoire se concentrait surtout sur le caractère humain des personnages, leur ennui, leur destin, leur lassitude entre autres, le tout sans réel enjeu dramatique. Marie-Antoinette, c'est pareil, on s'embête en plus. Oui, c'est beau Versailles. Oui, c'est beau l'époque des dentelles, des perruques et des belles robes colorées larges comme un bus, mais à part si on voue une admiration sans bornes à ce monde de poupées vivantes, on se fait chier!
On ne peut nier que Sofia Coppola use de petits trucs qui nuisent à la cohérence mais rendent son film assez fun musicalement. Comme déjà évoqué plus haut, il fallait avoir l'audace d'associer Versailles avec de la pop. Pop qu'on peut supposer britannique pour rythmer un monde français... On commence à en avoir marre de la Mondialisation! De même que l'on aurait pu au moins avoir la décence d'écrire les notations sur les tableaux en français, et non pas en anglais. A en croire tout cela, les petits enfants du monde sans culture vont penser que Versailles se trouve à Londres.
On pourra noter aussi le désir de ne pas s'attarder sur l'aspect historique directement. Kirsten Dunst est la star du film. Une belle star (avec un air de déjà-vu quand même...) évoluant dans un monde qui semble au ralenti. Exemple : à la fin d'un opéra, elle force les gens à applaudir, alors que la tradition veut qu'on n'applaudisse pas en présence de la famille royale ; pourtant, plus tard dans le film, cette tentative sera vaine. Pour dire que la pauvre Marie-Antoinette s'est faite rattrapée par ce monde au ralenti. La jeune fille (femme?) ne veut pas regarder les gens de haut, mais on l'y force. "Il ne faut jamais tendre la main". Une nouvelle arrivante dans un monde qu'elle ne connaît pas, puis petit à petit elle en devient partie intégrante. Dès le début, son aversion pour la courtisane de son grand-père est vite expédiée : "Ce sont les derniers mots que je lui adresserai".
De jeune fille simple qui voulait juste garder son petit chien, on passe d'une reine discrètement capricieuse qui se laisse séduire par les richesses qu'on lui offre. Son rôle de mère la ramène à une simplicité qu'elle avait trop vite oubliée avant qu'elle n'assume son rôle de femme du roi. Rôle d'ailleurs dispensable. Il suffit de voir à quel point le couple est mal assorti. Il faudra attendre un peu plus d'un an (hypotèse : aucun repère chronologique apparaît dans le film si ce n'est la grossesse de 9 mois) pour que Louis XVI veuille bien toucher celle qui partage sa couche. On peut éventuellement voir en Marie-Antoinette un manifeste de la condition réduite de la femme à cette époque. "Tu es destinée à être mère de l'héritier de France, rien d'autre". Sofia Coppola illustre ainsi son héroïne comme une petite hirondelle prise au piège qui ne rêve que de liberté et qui compense avec la superficialité, la futilité de sa cage pour oublier sa détresse intérieure.
Mais ce n'est pas le tout de voir tout ça. Car cette petite réflexion n'a pas permis d'éviter un film de deux heures où on s'embête pas mal. Un coup dans l'eau pour la fille Coppola qui a livré un film techniquement abouti (visuellement c'est magnifique) mais qui souffre de longueurs et d'un léger manque de profondeur. A vouloir trop centrer sur un personnage qui s'embête, on s'ennuie aussi. Et c'est dommage.
May 21 Destination FinaleS'il y a un film d'ados qui m'a agréablement surpris ces dernières années, c'est bien Destination Finale.
James Wong, réalisateur habitué aux épisodes de X-Files livre ici un divertissement original, lorgnant entre un sérieux rébarbatif et une absurdité adorable.
Sur le point de partir en voyage scolaire à Paris, Alex a l'affreuse vision de voir l'appareil exploser quelques secondes après l'atterrissage.
C'est sur un synopsis ressemblant à s'y méprendre à un téléfilm fantastique du vendredi soir que se déroule une expérience à vivre pleinement avec un cerveau mi-connecté, mi-abandonné sous le canapé.
Destination Finale ne brillera pas par sa distribution ni par sa réalisation, à noter que le climax de la première demie-heure annonce efficacement une angoisse grandissante, mais par son concept qu'il est préférable d'ignorer si on n'a pas vu le film, histoire de garder un semblant de suspense supplémentaire.
La Mort va rattraper les personnes qui lui ont échappé, suite à la prévision d'Alex.
Autant dire que la façon dont elle va s'y prendre fait basculer une série B dramatique endeuillée dans un véritable CartOOn-Live, où chaque meurtre deviendra un plan savamment concocté pour ne laisser à la pauvre victime aucune chance.
L'introduction est un peu longue, notamment un générique de début bien glauque mais angoissant juste comme il faut, annonçant la couleur avec notamment un plan sur un ventilateur qui n'a jamais paru aussi dangereux (le bruit des lames métallliques qui résonnent, ça en jette...), mais les allusions à la Mort et les longs plans serrés arrivent à instaurer une subtilité qui volera en éclat dès le meurtre d'un des survivants.
D'une férocité et d'une cruauté sans égale, chaque évènement tragique reste véritablement surprenant. Allant du simple accident de bus jusqu'à l'explosion d'un ordinateur, en passant par des ceintures de sécurité bloquées et ds arbres qui tombent tous seuls, peu de choses sont épargnées et nous, spectateurs légèrement déphasés par un scénario certes habile mais exposé avec autant d'entrain qu'une tortue devant parcourir le trajet Marseille-Lille en 2h, nous prenons un plaisir sadique à regarder ces pauvres fourmis se faire piétiner par une grosse botte de militaire. Plaisir sadique assumant son ridicule jusqu'au bout, cependant, car le plus petit courant d'air peut pousser un semi-remorque à se lancer à pleine vitesse sur le pente la plus inclinée qui soit.
Au final, si l'histoire reste plus ou moins inachevée (la Mort nous poursuit-elle toujours?), nous sortons de ce divertissement avec un bien-être intérieur qui donne quand même envie de voir les deux suites que ce concept a engendré. April 29 CollateralConnaissez-vous Michael Mann?
Sachant qu'un peu plus de 66% des personnes vont répondre non dans leur tête, il est nécessaire de présenter brièvement ce réalisateur. Je ne vais pas me vanter de tout connaître sur lui (et de toute façon, je ne sais pas grand chose) mais si des films du genre Heat ou Ali vous disent quelque chose, vous avez été au moins une fois spectateur d'une des réalisations du type dont nous parlons.
Heat est considéré comme un des meilleurs polars (et peut-être aussi le meilleur film de Michael Mann) à ce jour sous prétexte de la confrontation tant attendue entre les deux monstres du cinéma que sont Al Pacino et Robert De Niro.
Ali est la biographie du célèbre boxeur Mohammed Ali, interprété par un Will Smith méconnaissable.
Michael Mann fut aussi le premier à adapter un des romans de Thomas Harris au cinéma avec Le Sixième Sens (à ne pas confondre avec Sixième Sens de Shyalaman). Qui est Thomas Harris? Tout simplement l'auteur des livres mettant en scène le fameux Hannibal Lecter (Le Silence des Agneaux...).
Mais on s'éloigne du sujet! A cause de vous, bande d'ignares (et de moi aussi, je tire mes sources de Allociné), on en oublie de quoi on parle ici!
Collateral, sorti en France le 29 Septembre 2004 (un an et demi, déjà...), est donc le dernier film de Michael Mann en attendant Miami Vice, adaptation de la célèbre série plus connue dans notre beau pays sous le titre de Deux Flics A Miami, dont notre petit Mike fut scénariste au début de sa carrière. On y retrouvera dans le rôle des deux flics Colin Farrell et Jamie Foxx. Mais faut attendre l'été! Patience, une bande-annonce avec pour fond sonore un titre de Marilyn Manson est déjà disponible.
Mais? Mais? MAIS??!! Jamie Foxx, qu'on a vu dans le récent Jarhead de Sam Mendes (American Beauty, Les Sentiers de la Perdition) ne joue-t-il pas dans Collateral? Mais si!
Après cette longue introduction pour dire que j'en connais un rayon sur les acteurs et réalisateurs (heureusement que j'ai pas touché aux compositeurs, sinon je serai forcé de changer le titre de ce billet pour l'intituler "blabla du mec qui veut dire qu'il sait plein de choses"), je vais enfin vous parler de Collateral.
Il était une fois dans la belle, grande et polluée ville de Los Angeles un petit chauffeur de taxi nommé Max. Il est tard, il fait nuit, la belle cité s'illumine et notre cher ami prend dans son carosse jaune et rouge un drôle de type un peu grisâtre, cheveux gris, costume gris, âme grise sans doute...Sans se douter que ce passager est un tueur.
Sous ce synopsis de série B se déroule en fait un spectacle assez loin d'une série B. Alors que la série B se contenterait de nous opposer le gentil avec le méchant (on imagine déjà le gentil sous les traits de Jean-Claude Van Damne qui ne sait pas, mais alors pas du tout, donner des coups de pied retournés...), Michael Mann essaye de donner un côté beaucoup plus humain à cette histoire qui se révèle assez banale dans le monde d'aujourd'hui. Le tour de maître réside dans deux atouts majeurs.
1) La distribution
2) La réalisation
1) La distribution
On a déjà vu Tom Cruise en barman. On l'a déjà vu trois fois en agent secret. On l'a vu détective dans le futur. On l'a déjà vu vampire. On l'a déjà vu aussi en père de famille bedonnant nanti en version française de la voix de Tom Hanks. A quand le tour du tueur en série? Premier point : Tom Cruise est méchant. Enfin... Méchant n'est pas le mot. Disons qu'il ne pense qu'à son travail. Et qu'il aime le travail bien fait.
Le but était de faire de Tom Cruise quelqu'un que l'on ne reconnaîtrait pas tout de suite. D'ailleurs, l'acteur s'est amusé à se faire passer pour un livreur de la FedEx (livraisons en tout genre) afin de vérifier s'il pouvait passer inaperçu quand il le désirait. Pari gagné, personne n'a reconnu le monsieur en plein café. Ce dernier s'est même permis de taper la discut' avec un type qui n'a pas fait le rapprochement.
Après tout ça, Tom Cruise subit une légère métamorphose. Mais n'est pas Gary Oldman qui veut. Mr Cruise aura juste les cheveux gris. Un petit peu de farine sur le crâne et voilà notre Tom avec dix ans de plus. On le met dans un complet gris, et on obtient le monsieur passe-partout, genre business-man avec attaché-case et portable perpétuellement en main histoire de rudoyer sa secrétaire qui a perdu des dossiers importants. D'une simplicité mais d'un efficacité déconcertante, ce style si peu habituel pour le célèbre acteur prouve quand même qu"il est un travailleur soucieux d'explorer tous les domaines, et dieu sait qu'il ne faut jamais se cantonner à un seul et même style de film.
L'autre côté de la distribution, c'est Jamie Foxx. Acteur reconnu depuis son interprétation magistrale de Ray, notre petit comédien à mi-chemin entre Denzel Washington et Dennis Haysbert joue ici le rôle d'un chauffeur de taxi pour qui la meilleure ambition est celle où il n'y a aucun risque à courir. Le type prouve également qu'il est un grand acteur désireux également d'explorer la plupart des registres. Son rôle de militaire bourru dans Jarhead ou celui du célèbre jazz-man aveugle Ray Charles suffiront à nous convaincre. Dans Collateral, Jaime Foxx est la victime qui va petit à petit se rebeller. Fuyant les responsabilités et laissant croire ce qu'on veut, son personnage représente une Amérique auto-satisfaite, où les gens voudraient bien avoir plus mais en ne jouant pas grand chose.
C'est en majeure partie le lien qui va se créer entre Max (Jamie Foxx) et Vincent (Tom Cruise) au sein du taxi qui représente le fil conducteur du film de Michael Mann. Les deux personnages ont des caractères diamétralement opposés. Leurs discussions prouvent qu'ils sont complémentaires, chacun ayant quelque chose à apprendre à l'autre. Le bien et le mal, l'indépendance et la soumission, on se rendra compte que les seuls points communs entre les deux hommes se révèlent être le goût du travail bien fait et une solitude déjà trop présente dans leur enfance (Max parlait à son reflet d'après sa mère, Vincent vivait seul avec son père alcoolique qui le battait et était trimballé de famille d'accueil en famille d'accueil).
Au fur et à mesure, les deux hommes apprennent à se connaître. Il se tisse un lien. Mais un lien étrange situé entre l'amitié et la haine, renforcé par un respect indubitablement grandissant. La prise de bec après la scène de la boîte de nuit montre que Max et Vincent se sont déçus mutuellement. Les reproches qu'ils se font tiennent plus d'une relation père/fils dont ils échangent quotidiennement les rôles que celle du kidnappeur/kidnappé. On le note notamment quand Vincent ordonne à Max d'aller lui chercher les informations perdues à la source, sorte de sermon paternel du genre "T'as fait une connerie, tu vas te démerder pour la réparer".
Les deux hommes s'admirent et se jalousent mutuellement et inconsciemment. La relation père/fils tend ainsi à celle fraternelle, chacun dévoilant les défauts de l'autre pour se justifier, preuve que les deux types veulent garder leurs images respectives afin de se la faire envier.
C'était étrangement un rapport similaire qu'entretenaient Al Pacino et Robert De Niro dans Heat pendant le tant attendu tête-à-tête de dix minutes.
2) La réalisation
Michael Mann a su, en plus d'aborder le côté très humain des deux protagonistes principaux, mettre en valeur le monde dans lequel ils évoluaient à bord de leur super taxi cabossé. Rarement la ville de Los Angeles aura été aussi bien filmée. Les multiples plans aériens dévoilant la circulation nocturne de la Cité des Anges rappellent quelque chose de poétique et d'harmonieux. Les lumières orangées et verdâtres rendent le paysage d'une beauté réaliste absolue. Du grand art. Le réalisateur, afin d'obtenir cet effet, a utilisé une caméra HD (Haute Définition). Techniquement, je ne connais pas le principe, mais ça a le mérite de retranscrire sur pellicule un regard très humain sur le monde (sensation de flou, lumière baveuse). David Fincher (Fight Club, Seven, Panic Room) compte utiliser ce procédé pour son prochain film Zodiac (ça promet, surtout quand on sait que ce bonhomme est un véritable maestro de l'image bien tournée et bien foutue).
Visuellement, cette caméra permet aussi de donner une autre dimension des couleurs. Ainsi, tous les personnages sont baignés dans un éclairage verdâtre, les teints sont fades et froids, les gens se fondent dans la nuit. La ville est quant à elle baignée dans les lumières multicolores les plus belles, les plus vives et les plus chaudes qui soient, ce qui prouve encore le souci de Michael Mann à vouloir faire passer en premier son paysage avant ses acteurs. Assez osé quand il s'agit du très célèbre Tom Cruise. Mais finalement, ce n'est pas plus mal. Le personnage de Tom Cruise apparaît alors comme un simple être humain, pas plus fort d'un autre, et non comme un super méchant. Remarque valable aussi pour Jamie Foxx en super gentil. La petite réflexion philosophique sur le cosmos et la ridicule existence d'un être humain en comparaison avec celle de l'Univers colle merveilleusement à ce désir de vouloir relativiser toute chose improbable (les meurtres de Vincent entre autres).
En plus de filmer une ville de façon peu habituelle, Michael Mann relativise aussi sa caméra. A savoir qu'il tourne à hauteur d'homme. La caméra à l'épaule est largement sollicitée pour bien faire rentrer dans la tête du spectateur que...Disons pour bien faire rentrer le spectateur dans le film. De même pour les scènes d'action. Le réalisateur n'a pas fait un film d'action. Les assassinats sont montrés de façon extrêmement pertinentes. La première fois où Vincent utilise son arme devant Max est clairement significatif : les coups de feu résonnent dans la tête du spectateur comme si la balle était partie de son oreille.
Que retenir de Collateral en gros? Un excellent polar privilégiant l'ambiance et les relations humaines à l'action. On sent bien d'ailleurs que la scène finale (action qui se veut pure et dure, notez bien le "qui se veut") n'a pas procuré autant de plaisir au réalisateur de la tourner que le reste du film, un peu comme s'il fallait à tout prix remplir le cahier des charges en montrant un Vincent tout éraflé et indestructible, ce qui jure assez horriblement avec le reste du film.
Personnellement, j'aurais bien vu Collateral se finir avec le formidable tonneau, la destruction sacralisée du taxi, mais le film n'aurait fait dans ce cas que 1h20 ou 1h30, ce qui fait beaucoup trop court pour un film dans ce genre. On notera le "t'as pas mis ta ceinture" de la part de Max assez amusant, apogée d'une relation fraternelle plus ou moins bancale (comme toute relation fraternelle, en connaissance de cause...). Dommage que le Hollywood moyen ait rattrapé Michael Mann (survivre à un accident pareil grâce à la ceinture, ça fait très sécurité routière).
Mais en conclusion, Collateral, c'est vraiment super trop bien, de la balle, faut trop aller le voir!
Dans un registre plus sérieux (et donc plus vieux jeu), le dernier film en date de Michael Mann est à voir.
April 23 Mary Shelley's FrankensteinFilm vu en cours de français en classe de 4ème puis en cours d'anglais (donc en version originale) en terminale (ce qui me permit de gratter 14.3 de moyenne dans cette matière, hihihi!), Mary Shelley's Frankenstein est une oeuvre aussi belle que je trouve particulièrement affreuse.
C'est sur cette phrase d'introduction que j'ouvrirai mon petit article sur cette adaptation de l'oeuvre de Mary Shelley. Plus qu'une histoire, Frankenstein s'est rapidement imposé en tant que mythe littéraire et cinématographique avec notamment Boris Karloff, première créature du nom.
A noter que Frankenstein n'est pas la créature mais le créateur, l'erreur étant souvent faite inconsciemment, y compris par moi-même...
Le but de ce petit billet est de vous faire connaître le film Mary Shelley's Frankenstein, réalisé et interprété par Kenneth Branagh. A noter également dans la distribution Robert De Niro (qu'on ne présente plus), John Cleese (un des Monty Python), Helena Bonham Carter (Fight Club et également femme de Tim Burton), Ian Holm (Le Seigneur des Anneaux, Alien)... Bref, que du beau monde, presque à 100% britannique, puisque mine de rien, Kenneth Branagh est un Britannique habitué à adapter les pièces de Shakespeare (Hamlet). On l'aura également vu dans Harry Potter & la Chambre des Secrets ou encore Wild Wild West.
En 1994, l'Anglais s'attèle à la réalisation de Mary Shelley's Frankenstein, sous la production de Francis Ford Coppola (Le Parrain, Apocalypse Now) qui vient juste de réaliser son Dracula avec Gary Oldman (le bonhomme était-il dans sa période "et si je réadaptais tous les monstres du cinéma").
Considéré comme un échec pour Kenneth Branagh, Mary Shelley's Frankenstein est pourtant une oeuvre intéressante, à défaut de paraître comme une grosse machine hollywoodienne vieillissante.
Visuellement, c'est...Foisonnant. Il n'y a pas à dire, la reconstitution de l'époque est convaincante. C'est sale, pauvre, triste, les contrastes entre la bourgeoisie et le petit peuple sont bien rendus. A ce titre, c'est la première fois où je vois un film aux contrastes aussi profonds. Les couleurs, les sentiments, les éclairages... Ce n'est pas toujours beau, mais ça a le mérite d'avoir tenté d'être inventif. Les maquillages sont très réussis, certaines scènes sont difficiles ; on pourra reprocher au réalisateur d'avoir bien mis en valeur tous les passages saignants (couture du cou, décapitation, pendaison), tantôt visuellement, tantôt sonoriquement (ça existe, ce mot?) avec Victor qui tranche un crâne avec un bruit de...pomme coupée en deux (authentique!). On aura beau dire que y a surenchère et violence gratuite, y a toujours le prétexte du bien de la science!!
Mais ne nous éloignons pas, nous étions dans le côté visuel du long-métrage. Qui dit visuel dit aussi réalisation, et cette dernière est assez...enfin, c'est pas désagréable mais la caméra est trop mouvante, elle veut trop se la péter avec ses mouvements circulaires, de même que le montage est parfois trop trop rapide (les scènes en Arctique), ce qui a pour effet de décrédibiliser certaines scènes. Les décors sont quant à eux plutôt réussis bien que l'on a tendance à sentir les arrières-plans artificiels qui ont pris la poussière (tout est grisâtre). En fait, au niveau technique Mary Shelley's Frankenstein a légèrement tendance à vieillir, tout comme l'histoire où on confond aujourd'hui le créateur avec la créature. Pourtant, cela ne va pas à l'encontre de la qualité du film car ces petits défauts accentuent l'ambiance particulière qui règne dans cette atmosphère de XVIIIe siècle. J'ai oublié de parler des couleurs. Alors soit y a un travail particulier dessus, soit y a eu heureux hasard car opposer ainsi les couleurs vives de la bourgeoisie avec celle de la pauvreté, c'est quand même beau. De même qu'à chaque fois que Frankenstein donne vie à une créature, les couleurs orangées rappellent fortement les vidéos que l'on peut voir d'un bébé qui prend forme dans le ventre de sa mère (vous saississez l'idée?). Ou encore quand le petit William tout de rouge vêtu, petit blondinet innocent aux joues roses, se retrouve face à la créature balafré habillée avec un long manteau gris-bleu à moitié déchiré...
Quant à la musique de Patrick Doyle, c'est une magnifique bande sonore. Très classique, lyrique et romantique, mais sachant aussi être violente et mouvementée, le compositeur livre un travail simple et efficace. On pourra juste reprocher à la musique d'être parfois trop présente, mais elle est si belle que ça s'oublie. Je ne m'attarderai pas là-dessus, un article précédent commentait déjà la B.O.F.
Fidélité par rapport à l'oeuvre originale, à présent. Si l'histoire prend pas mal de libertés, elle a le mérite d'être cohérente et de garder l'essentiel. Les libertés prises sentent le "made in Hollywood" notamment avec le mentor Woodman, interprété par John Cleese, ou encore la scène finale avec Elizabeth. On ne pourra trop le reprocher au scénariste car le film était censé être une grosse production (Francis Ford Coppola pas loin quand même).
Au final, que retenir de Mary Shelley's Frankenstein ? Un film qui n'a pas eu le succès qu'il méritait, mais il a le mérite et ce pour beaucoup de gens dont moi d'aborder le thème du savant fou avec beaucoup d'humanité, il en est d'ailleurs de même avec la créature. Sans doute une des meilleures et des plus réalistes adaptations de Frankenstein. Chapeau, Mr Branagh!
Luna Fatale (n°45)Sorti en 1995 après un 44ème épisode qui dénonçait l'absurdité du racisme avec "Le Rayon Noir", "Luna Fatale" est une copie presque conforme au 39ème tome de la série Spirou et Fantasio intitulé "Spirou à New York".
Fort heureusement, Tome et Janry ne se sont pas contentés de nous resservir un délicieux délire sur la guerre des gangs à New York entre le clan sicilien et le clan asiatique où clichés et stéréotypes rendaient égaux les deux camps sur tous les plans. Allusions au "Parrain" de Francis Ford Coppola (où Vito Cortizone est une caricature de Marlon Brando en Vito Corleone, rien qu'avec les noms déjà) et aux films de kung-fu des années 70-80 sont nombreuses, et "Spirou à New York" restait une excellente BD pour petits et grands.
Le 45ème tome annonce déjà le futur "Machine Qui Rêve" mais c'est ici les sentiments qui sont mis en jeu. Ainsi Spirou et Fantasio se retrouvent confrontés au grand ennemi des héros de BD célibataires endurcis qu'ils sont avec Tintin, Astérix ou Blake & Mortimer : les femmes. Uderzo et Goscinny avaient déjà réalisé une sorte d'hymne au féminisme avec "La Rose et le Glaive" pour une aventure d'Astérix, Tintin et Blake & Mortimer étant des héros trop anciens (1930-1960) pour que leurs créateurs aient tenté de les confronter au sexe opposé.
Le titre de cette aventure est clairement explicite : Luna Fatale. Deux termes qui semblent glacés par l'ambiance orangée qui colore la couverture de l'album. Une jeune femme en noir et blanc au premier plan avec une arme encore fumante, un Spirou déphasé devant le cadavre d'un sûmo au second plan, et des buildings qui se dressent inlassablement à l'horizon comme pour cacher tout ce qui se passe en dessous... Pas de doute, Tome et Janry deviennent corrosifs avec le temps. L'introduction commence avec une couleur assez sombre. La pleine lune se reflète dans l'Hudson River (un des cours d'eau qui entoure New York pour les ignares). Bientôt, une rose flottante dénature le reflet, bientôt suivi par le cadavre d'un homme habillé en blanc, tandis qu'une sérénade italienne se fait entendre. Deux amants se rendent compte que leur amour est impossible. Il est sicilien, elle est chinoise. Les deux clans sont en guerre. Les deux décident de fuir. Mais une opération sicilienne dénonce le piège tendu par les Chinois.
Je ne vous en dis pas plus histoire de garder le suspense mais tout ça pour dire que dès le début, cette histoire ne s'annonce pas nette. Violence et amour se mêlent avec une habile ironie pour une bande dessinée de ce genre qui pourtant ne subit aucune restriction car accessible par tous.
Spirou et Fantasio apparaissent par la suite comme des séducteurs convoités. Spirou aide une jeune fille à changer sa roue car cette dernière a crevé sur l'autoroute. Quelle surprise de voir un Fantasio qui cherche à tout prix un morceau de viande en espérant que son ami ait tiré un numéro de téléphone. Surtout que le même Fantasio présente une exposition de photographie de nu.
Le côté sensuel (je n'irai pas dire érotique) est ici bien mis en avant quand les deux journalistes sont abordés par trois mannequins italiens (cette nationalité n'est pas rassurante quand on connaît les Italiens qu'ont côtoyés Spirou et Fantasio auparavant). Boîte de nuit, Fantasio qui drague, Spirou qui se retrouve avec une femme à moitié nue qui glisse ses mains sous ses vêtements... Les femmes sont dangereuses, tel serait peut-être le message de Tome et Janry qui se sont peut-être fait largués à l'époque où ils ont décidé de faire cette histoire. Ou par simple souci de maturité. Ou tout simplement parce que Tome, scénariste de la BD "SODA", décide d'étendre son style plus sombre, violent et mature au héros constamment habillé de rouge flanqué d'un écureuil. A noter que cela fait depuis un certain temps de Tome et Janry ne font plus parler Spip l'écureuil, très exactement depuis la 41ème aventure "La Vallée Des Bannis", preuve de vouloir déshumaniser les animaux et leur conférer le rôle réaliste et basique d'animal de compagnie.
Dans "Luna Fatale", Spip est quasiment inutile. Du moins le pense-t-on car la façon dont il sera utilisé donne plutôt l'impression qu'il fallait que l'écureuil serve à quelque chose, histoire de remplir le cahier des charges de la bande dessinée bien gentille avec les animaux qui sont toujours là pour sauver la mise (et n'oubliez pas de regarder "30 millions d'amis" tous les jours surtout).
Revenons à la thématique de la femme fatale. L'aventure est parsemée d'embûches pour Spirou, et surtout de femmes. Sa mission : trouver une femme. Sa mission : ne pas succomber à cette femme. Sa mission facultative : ne pas tomber sous le charme de la femme qui va l'aider. Dur dur d'être un célibataire endurci et qui veut le rester.
Mis à part les femmes qui apparaissent toutes belles, intelligentes et machiavéliques, tous les monsieurs sont bêtes, violents, vicieux, vulgaires... Un petit message féministe de la part des auteurs peut-être? C'est sans compter la violence qui côtoie toujours d'aussi près l'humour. Pas la moindre goutte de sang, mais pas mal de cadavres... On notera par exemple qu'un Chinois caché dans une poubelle se rend compte que son compagnon caché dans une autre poubelle y est passé après que la poubelle ait été coupée en deux. Marrant mais macabre... Et surtout je répète trois fois le mot "poubelle" dans la phrase, peut-être pour dire que ces deux Chinois sont bien des ordures? (Ahahaha!! Riez à ma blague s'il vous plaît, elles ne sont pas souvent drôles).
Hum...Bon...
Vous l'aurez compris. "Luna Fatale" est un épisode de Spirou et Fantasio assez spécial, très ambigu. Tome et Janry cherchent à explorer d'autres terrains tout en restant accrochés au domaine qu'ils connaissent bien, ce qui fait de cette 45ème aventure une bande dessinée vraiment sympathique qui arrive à développer pas mal de petits trucs en 44 pages. Sans doute une des meilleures bandes dessinées qui m'ait été donnée de lire en ce qui concerne la série des Spirou. On pourra conclure que cette "Luna Fatale" est la crise d'adolescence de Spirou.
17/20
Machine Qui Rêve (n°46)Après un 45ème tome sorti en 1995 où Spirou et Fantasio se retrouvaient confrontés de nouveau à la mafia sicilienne et aux femmes fatales, nos deux héros sont, dans l'aventure qui suit, sortis de leur moule rondouillard pour se fondre dans un univers beaucoup plus pointu, beaucoup plus carré, sombre et violent.
Fini le Spirou toujours habillé en rouge avec son calot, fini le Fantasio et son noeud papillon rouge, apprivoisé le sauvage écureuil qu'est Spip...
On le sentait dans "Luna Fatale" où nos deux héros se retrouvaient confrontés à un univers très féminin (exposition de photos de nu, épreuve sentimentale libidineuse...), Tome et Janry ont tenté de donner un côté humain à leurs héros. Dans "Machine Qui Rêve", cette volonté est plus que faite.
Les premières pages illustrent le parcours d'un fugitif, seul contre tous, qui tente de trouver refuge chez un ami. Le ton est déjà donné. Les couleurs sont bleutées et sombres. La ville est morte. La ville est hostile. Chaque habitant est une balance potentielle. On notera que cette introduction rappellera le film "Le Fugitif" réalisé en 1993 avec Harrisson Ford et Tommy Lee Jones. Le passage où l'homme recherché se coupe la barbe avec des ciseaux pour passer inaperçu ne fait que renforcer le clin d'oeil.
Puis on voit Spirou et Fantasio.
Deux journalistes, dont un chargé de faire une critique sur le film qu'ils viennent de voir. Même sans connaître les deux personnages, on peut d'emblée définir leur caractère. Spirou est un jeune homme calme et posé, qui ne cherche pas les ennuis. Fantasio apparaît ici comme un flemmard de première. Si les deux personnages sont colocataires (mais on constate bien vite que les deux ont chacun leur chez-soi et que Spip reste toujours chez Fantasio), inutile de chercher qui fait le ménage... Spip est quant à lui devenu un animal de compagnie basique, une sorte de gros chat qui ne fait que dormir toute la journée.
Jamais l'intimité des héros n'aura sonné aussi vraie. On sent définitivement l'ambiance plus adulte qui règne (le whisky qui traîne, film violent à la télé).
Seuls les noms font tâche dans un univers si sérieux jusqu'à ce qu'on apprenne qu'il s'agit soit des noms de famille, soit des surnoms (Seccotine veut qu'on l'appelle Sophie).
Malheureusement, malgré les premières pages qui s'annoncent prometteuses, il est dommage que l'intrigue soit aussi raccourcie et brouillonne. Seules plusieurs lectures et une certaine logique pourront dépoussiérer un peu un scénario assez confus dont seule l'ambiance s'en tire avec les honneurs.
Graphiquement, le dessin de Janry est magnifique. Les décors restent fidèles à eux-mêmes, mais les personnages sont ici relookés, et force est de constater que, bien qu'au début, ça choque, c'est une bonne chose. L'époque des gros nez ronds est révolue, place aux nez fins. Les yeux aussi gros que les oreilles laissent place à des petites pupilles noires, perçantes et soupçonneuses, ce qui donne un côté sombre au héros, que Spirou n'est pas que bon. On s'en rend bien compte à la fin de l'album où ce dernier frappe un homme sans raison et lui braque son arme sur la tempe. Spirou n'est plus un gentil journaliste qui veut sauver le monde. C'est un jeune homme qui ne cherche pas les ennuis, il veut qu'on le laisse tranquille, il fait ce qu'on lui demande et peut devenir méchant si on le gêne.
Tome et Janry ont été audacieux sur ce coup-là. Ils ont tenté de faire évoluer Spirou et Fantasio dans une voie que personne n'avait encore explorée. Pari à moitié gagné. Si l'ambiance et les personnages sont bien travaillés, le scénario n'est pas à la hauteur, sans doute à cause du format 44 pages qui restreint les grandes possibilités de sous-intrigues. Dommage. le Tome 46 "Machine Qui Rêve" s'en tire quand même avec un 14/20 de la part du VincZt.
April 19 Avez-vous l'esprit corrompu?Sur l'image qui suit, vous allez voir une image.
Selon ce que vous voyez, on pourra dire que vous avez un esprit mal tourné. Si ce n'est pas le cas, vous verrez autre chose. Et si vous ne voyez pas en quoi vous avez l'esprit mal tourné, montrez cette image à quelqu'un qui a moins de huit ans.
Après, vous vous sentirez pas spécialement bêtes mais vous vous direz que pour une fois, Internet n'est pas qu'une toile de conneries.
1er cas : vous voyez un couple, plus précisément un homme nu derrière une femme nue. Vous avez un esprit corrompu.
2ème cas : vous voyez neufs dauphins. Vous êtes innocent et avez l'esprit d'un enfant de 8 ans, si vous n'êtes pas simplement un enfant de 8 ans...
3ème cas : vous voyez les deux premiers cas. Vous êtes quelqu'un de très observateur et, on le suppose, ouvert à tout. March 11 Musique de "Mary Shelley's Frankenstein" de Patrick DoyleMon compositeur du moment : Patrick Doyle.
En partie grâce à Harry Potter & The Goblet Of Fire, une des meilleures musiques de films de l'année 2005, il semble que le destin me pousse vers ce compositeur britannique au style classique légèrement pompeux mais, il faut le dire, entraînant dans les pièces d'action telles que Golden Egg ou Grand Central, les dixièmes pistes des albums respectifs de Harry Potter & The Goblet Of Fire et Carlito's Way (L'Impasse en Français, excellent film au passage).
Donc le destin me pousse vers Patrick Doyle. Pourquoi ? On me fait visionner L'Impasse et joie! La musique est de PATRICK DOYLE!!
De même qu'en cours d'anglais, on étudie le film Mary Shelley's Frankenstein (je ne vous fais pas l'affront de vous dire qui a composé la musique tant c'est évident ; pour les grands idiots, le titre du sujet est clairement explicite).
Mary Shelley's Frankenstein étant à mon avis le meilleur film traitant du Prométhée Moderne.
Anecdote historique sur Prométhée
Il s'agit d'une histoire faisant partie de la mythologie grecque où, avant que tous les êtres vivants n'arrivent sur Terre, il faille leur donner à chacun un ou plusieurs attributs pour qu'ils survivent. Pelage chaud pour animaux du Nord, nagoires performantes pour les bêtes aquatiques, etc... Cette lourde tâche fut attribuée au frère de Prométhée, dont le nom ne me vient pas à l'esprit (sans doute un truc qui se finit en "thée" de tout façon!). Quand tous les attributs furent distribués, il se rendit compte qu'il avait oublié l'Homme. Nu, craintif, sans poil, le pauvre Homme ne vivrait pas longtemps dans le monde. Prométhée aida alors son frère en dérobant à certains Dieux de l'Olympe le Feu et l'Habileté dont il équipa l'Homme. Ce dernier était enfin armé pour la Terre, mais Prométhée et son frère furent punis par les Dieux car ils étaient en pleine infraction, et manque de pot, l'Homme était déjà en route pour le Monde.
Cette version n'est peut-être pas la plus complète ni la plus véridique mais l'essentiel est compris et permet de faire directement le lien avec Victor Frankenstein, créateur (et non créature) de la Vie.
Nous allons ici nous intéresser à la musique de Patrick Doyle sur ce film réalisé et interprété par Kenneth Branagh (Hamlet, Harry Potter & et la Chambre des Secrets) et produit par Francis Ford Coppola (Le Parrain, Apocalypse Now).
Voici le nom des pistes. A noter qu'elles sont nombreuses et relativement longues :
1-To Think of a Story 3.28
2-What's Out There? 2.52 3-There's an Answer 4.37 4-I Won't If You Won't 1.58 5-A Perilous Direction 3.20 6-A Risk Worth Taking 3.18 7-Victor Begins 0.54 8-Even If You Die 2.10 9-The Creation 2.00 10-Evil Stritched To Evil 4.43 11-The Escape 1.47 12-The Reunion 0.45 13-The Journal 1.04 14-Friendless 2.05 15-William! 2.44 16-Death of Justin/Sea of Ice 3.54 17-Yes, I Speak 5.37 18-God, Forgive Me 0.57 19-Please Wait 3.21 20-The Honeymoon 1.16 21-The Wedding Night 2.05 22-Elizabeth 4.11 23-She's Beautiful 3.36 24-He Was My Father 6.10 Les pistes en vert sont celles que j'ai déjà et sur lesquelles je vais livrer un petit avis dessus.
Mise à jour dès que possible.
Remerciement à Gilwen pour sa participation.
To Think Of A Story
Le thème principal est annoncé par une marche sombre pas mal axée sur les instruments à vent qui donnent un son très grave, évoquant l'expérience interdite qui s'apprête à se produire. La musique est ténébreuse, un peu effrayante, les aigus sont peu présents mais apparaissent légèrement pour souligner le caractère humain de la première piste du CD. A partir de 2 min 28 sec, la musique s'affole, on passe d'une marche prenant son temps à un thème d'action violent et entraînant reprenant pas mal les graves en y ajoutant des percussions qui dynamisent le tout.
A Risk Worth Taking
La musique se fait de plus en plus inquiétante, le savant fou met ses projets à exécution et rien ne semble l'arrêter.Le long travail qui l'attend est accompagné par un petit violon discret et monotone pour annoncer les longuers de dure labeur pour le jeune Victor.
Victor Begins
Même recette que To Think Of A Story mais en plus dramatique car les cordes donnent un aspect plus tragique à l'ensemble. Morceau assez court, il annonce des évènements importants, où chaque acte va avoir une conséquence plus ou moins grave sur le futur plus ou moins proche des personnages.
The Creation
Parmi les cinq morceaux que je possède, The Creation est sans doute le meilleur. Entraînant, motivant, actif, on aurait presque envie de travailler avec Victor Frankenstein. Une musique que j'écoute personnellement quand je travaille vite et (je l'espère) bien. Une pièce assez épique en somme, sorte de thème héroïque inlassablement rythmé par des tambours, des cordes, des cuivres, etc... Un mélange énorme d'instruments efficace. C'est rapide, vif, héroïque, à noter une légère touche d'aigus vers 1 min 05 sec pour souligner le pire n'est pas encore arrivé
Friendless
La prise de conscience et le voyage de la créature. Une musique désespéré et violente pour un être unique et solitaire animé par la vengeance.
Death Of Justin/Sea Of Ice
Un morceau qui veut dire pas mal de choses en peu de temps...Et qui y arrive! Alternant temps mort et action, Patrick Doyle fait refléter ici l'état d'esprit d'un Victor perdu qui ne sait que faire et qui se sent pertinemment en danger. Les évènements tragiques débarquent sans prévenir, la musique elle-même s'affole.
Yes I Speak
God Forgive Me
The Honeymoon
Un morceau assez classique, très symphonique. Je ne l'ai pas encore assez écouté pour dire que je l'apprécie.
The Wedding Night
Le morceau le plus romantique du film pour illustrer la scène d'amour entre Victor et Elizabeth. Patrick Doyle a toujours fait fort avec ses morceaux romantiques (Harry In Winter) et il nous livre une belle valse. A écouter sans retenue.
Elizabeth
He Was My Father
L'utilisation massive des violons dans la première partie du morceau rappellera Death Of Cedric, et il faut dire que Patrick Doyle aime beaucoup les violons, utilisant souvent les aigus pour souligner le côté tragique (cf: Carlito's Way). Après environ 3 minutes de musique tristounette désolante, un thème d'action apparaît sans prévenir, gardant cependant le côté pessimiste. Le morceau se répète d'ailleurs assez souvent, un peu pour souligner la répétition des efforts tant exécutés, en vain. Une belle musique qui clôt magnifiquement cette histoire classique, ici admirablement mise en scène par Kenneth Branagh et mise en son par Mr Doyle. March 03 American Psycho, de Bret Easton EllisS'il y a bien un écrivain actuel que l'on pourrait qualifier de étrange, c'est bien Bret Easton Ellis. Dénonçant une Amérique peu reluisante très matérialiste par le biais d'histoires navrantes, violentes et invraisemblables mettant en scène des personnages aussi lunatiques que pathétiques qui ne dépendent que d'un monde de consommation extrême, l'auteur fit du bruit et les éditeurs eurent parfois des réticences à le publier, ce qui fut le cas de "American Psycho" qui eut été au premier abord retiré de la vente puis ensuite redistribué. Troisième roman de l'écrivain bizarre, adapté au cinéma en 1999 avec Christian Bale ("Batman Begins") dans le rôle du héros, Patrick Bateman (Batman, Bateman...Hahaha, qu'elle est bonne!!), "American Psycho" relate les aventures de ce jeune homme à qui tout réussit mais en perpétuelle insatisfaction. Il va tout de même prendre son pied grâce à son statut de tueur sadique, histoire d'évacuer le stress véhiculé par son boulot à Wall Street, peut-être ?
Les premières pages mettent directement dans l'ambiance new-yorkaise, montrée au premier abord comme le monde lui-même, rien ne semble exister autour de la célèbre ville. Richesse et pauvreté sont ici présentées face à face, allant de la superficialité excessive au besoin extrême, l'une montrée par le yuppie dont la seule préoccupation est d'équiper tous les taxis d'autoradios Blaupunkt, l'autre par un clochard. Au milieu de tout ça se trouve le chauffeur de taxi. Ni riche ni pauvre, il illustre ici la neutralité, la sagesse, on le traite comme un chien mais ne dit rien. Il n'en pense pas moins mais ce personnage qu'on ne voit qu'une fois qui est ici l'équilibre du bien et du mal disparaît. On entre ici dans un univers sans moralité où les autoradios des taxis sont plus importants que la vie des gens.
Le premier chapitre a pour sujet une soirée entre amis. Soirée superficielle d'ailleurs où Patrick Bateman joue plus un témoin, voire un arbitre, qu'un personnage à part entière. Il s'agit là d'une introduction facile permettant au lecteur de rentrer dans la peau du personnage et de tout voir par ses yeux. Au début, on ne se rend pas compte que le point de vue adopté est celui du personnage principal par une absence du "je" mais par la suite, on ne peut que se rendre compte de l'égocentrisme du yuppie quand ce dernier raconte son interminable manière de se débarbouiller le matin (crème par-ci, après-rasage par là, quatrième shampooing pour avoir le pelage soyeux, fort, brillant, sans pellicule...il n'y a ici pas d'exagération!).
Il n'en reste pas moins que le héros est aussi superficiel que ses fréquentations. ll suffit de lire sa réaction quand lui et ses collègues comparent leurs...cartes de visite!
Cette superficialité ne se caractérise pas que par les biens matériels mais également les personnes. Ainsi, Patrick soupçonne sa petite amie de le tromper mais n'en est pas jaloux pour un sou, concentrant plus sa haine sur le fait qu'une de ses connaissances ait une plus belle carte de visite. De toute façon on verra par la suite que le bonhomme prend lui-même du plaisir avec d'autres personnes.
Autant prévenir que le quatrième de couverture du bouquin peut prêter à confusion : Le jour, il est le parfait business-man, la nuit un serial-killer. Ce n'est pas du tout ça. On ne sait pas les raisons qui ont poussé Patrick Bateman à tuer, de même que lui-même s'en fiche : ça lui plaît et ça l'occupe. Là où le débat peut avoir lieu, c'est que la tuerie devient un peu comme son débarbouillage du matin, soit un gigantesque jeu aussi superficiel qu'inutile, preuve de l'absence affolante de moralité de la part de cet homme qui décrit son petit déjeûner de la même façon que ses meurtres : Ce matin, j'ai mangé un croissant puis après j'ai tué une pute. J'aurais dû passer chez moi me laver les dents, je n'aime pas avoir des morceaux de viennoiserie entre les dents. (Texte inventé et non tiré du texte dans le but d'illustrer l'idée).
Le lecteur ne peut cependant s'empêcher de ressentir un certain malaise lors des scènes de violence et de sexe extrêmes. Rien ne nous est épargné, les détails sont nombreux, Bret Easton Ellis semble s'être lâché, à se demander si l'écrivain est sain d'esprit pour écrire de telles horreurs. Mais il faut également se dire que tout le monde peut écrire ses insanités, seulement peu de gens l'osent. L'auteur applique ici le célèbre adage de celui qui dit tout haut ce que les autres pensent tout bas. C'est moche, c'est sale, c'est vicieux, mais c'est notre monde. La beauté superficielle des poules de luxe côtoie la laideur réaliste des clochards, tout ça pour dire qu'il faut de tout pour faire un monde.
"American Psycho" ou une grosse farce, car le message est clair mais a tendance à être noyé par les horreurs qui jonchent les quelques 400 pages du livre. Mais ces violences sont-elles réelles ? Le film et le livre ont une approche différente de ce qui se passe dans la tête de Patrick Bateman, tout ça pour dire que la violence est partout et qu'il n'y a aucun moyen d'y échapper. "Voie Sans Issue" sont les derniers mots du bouquin. Va savoir pourquoi... Spider-Man 2 (PS2)"Spider-Man 2" ou l'adaptation en jeu vidéo du pop-corn movie de l'été 2004.
De quoi se poser des questions sur le soft en question sorti sur la plupart des consoles nouvelles générations. Ayant le titre sur PlayStation 2, mon avis sera totalement basé sur cette version.
On se rappelle du premier film "Spider-Man" et donc de son jeu (assez dispensable) sortis tous deux lors de l'été 2002 (ça fait loin). Dan le jeu du premier épisode, on jouait un Spider-Man sympathique mais malheureusement limité. A savoir que le héros accrochait sa toile on ne sait où dès qu'il se trouvait à la hauteur maximale, et aussi que ce dernier ne pouvait descendre dans les rues de New York sous peine de tomber de très haut pour raison totalement inconnue. Vous l'aurez compris : dans le premier Spider-Man, le terrain de jeu est la crème des buildings de la ville, soit les plus hauts. Encore que cela aurait été vivable si Spider-Man avait un système de balancement plus élaboré. Entendons par là que Spider-Man se balance tout seul du moment que vous avez tapoté une fois sur la touche correspondante. Pas très profond tout ça...
Mais oublions ce premier soft pour passer au deuxième qui s'avère bien supérieur, et ce à pas mal de points de vue.
Le système de balancement est la première chose qui réjouira le joueur, et surtout le fan de Spider-Man. Cette fois-ci, pour lancer sa toile, il faudra qu'elle puisse s'accrocher quelque part (chose absente du premier jeu) et donc il faudra savoir viser juste (si vous vous accrochez mal, votre héros partira sur le côté), mais cela n'est pas le plus dur.
Encore faut-il savoir se diriger dans les airs, et là ça se corse, car il n'est pas rare de vouloir faire un virage à 90 et de se rater au début.
En tant que débutant, il est difficile de se contrôler en pleine chute, mais heureusement le système de jeu fait qu'on s'habitue très vite aux commandes et manipulations nécessaires, et on prend très vite son pied à se lancer du sommet d'un immeuble et de se rattraper à un mètre du sol en faisant une sorte de looping rapide et vivifiant avec une impression de vitesse qui frôlerait presque l'air qui nous fouetterait le visage.
Activision a réussi son coup en ce qui concerne la jouabilité de Spider-Man, un personnage qu'on prend plaisir à incarner tant sa panoplie de mouvements est travaillée, mais il est dommage que le système de combat soit trop brouillon, à savoir que notre héros distribue ses coups de façon anarchique à tous les brigands qui passent.
Les combos sont nombreux et variés mais toujours très (trop) facile à placer. Quoiqu'il en soit, pour tous les obtenir, il faudra du temps en plus d'avoir fini le mode histoire. Car s'il y a une assez grande qualité dans le jeu en plus de sa maniabilité motivante, c'est les nombreux petits jeux qui le jalonnent. Mais un autre grand défaut, c'est aussi la répétition des activités proposées.
En résumé, vous vivez la vie de Spider-Man. Chouette, peut-on se dire. Mais ça se résume à sauver les gentils, taper les bandits et livrer les pizzas en évitant de faire trop de pirouettes pour les garder en bon état.
Finir le jeu à 100% est ardu, et surtout très répétitif. Chercher les différents variétés de jetons, ça va un moment quand on tombe dessus par hasard, mais bon... Malgré le système de balancement (je ne le répèterai jamais assez : le point FORT du jeu!!!!!), il faut avouer qu'on a mal au coeur car à part ça, rien... Mais cependant...
Autre avantage : la ville de New York. Elle est fidèlement reproduite, immense, et aucun ralentissement n'intervient..........Au détriment de graphismes simplistes. Les grattes-ciels sont pas très beaux mais ça passe encore (même en vrai, ils sont souvent moches, ça s'excuse) mais les passants sont dignes de playmobils désarticulés avec toujours la même voix (ils parlent sans remuer la bouche) et toujours les mêmes mouvements quand ils ne sont pas tout simplement immobiles. Heureusement, Spider-Man est bien foutu au niveau des textures, et le personnage de Chatte Noire est assez sexy. On passera sur Doc Ock ou Mary-Jane qui, sans être méconnaissables, sont assez laids.
Autre surprise : les voix françaises de Spider-Man, Doc Ock et Mary-Jane sont au générique du doublage (ce sont bien entendu les vrais acteurs qui doublent le jeu dans sa version originale). Le résultat n'est pas mauvais, mais c'est loin de la perfection. Notamment Spider-Man qui balance des vannes sans arrêt, ce qui est fidèle à la BD des 60's mais pas au film de 2004... Léger paradoxe temporel, si on peut le dire...
On appréciera cependant le souci décelable d'avoir voulu faire un jeu fidèle au film. Même les musiques (sans atteindre celles composées par Danny Elfman pour le long-métrage) sont mémorables, illustrant à merveille ce comic-jeu-vidéo par des mélodies inventives qui collent magnifiquement bien à l'esprit.
On retrouvera également les scènes phares du film de Sam Raimi (livraison de Pizza, enlèvement de Tante May dans la banque, poursuite sur le train...) sans pour autant atteindre la même adrénaline (on tape, on saute, c'est lent mais ça va vite car Doc Ock, il tue notre araignée très vite...). Des petites libertés scénaristiques permettent également de rencontrer d'autres personnages de l'univers de Spider-Man dont Chatte Noire, Shocker et Mysterio.
Mis à part le mode histoire, de nombreux mini-jeux sont disponibles, dispersés dans cette ville immense. Hélas, toujours les mêmes : points de passage, course contre la montre, récolter les jetons buildings, les jetons bouées, les jetons cachettes de bandits, faire les photos pour le Daily Bugle... On notera un petit délire où Spider-Man évolue dans un monde virtuel quand on arrive à activer le mode "jeu vidéo". Sympa 10 minutes, chiant à la longue.
Que retenir de ce jeu finalement ?
Graphiquement, le bon et le mauvais s'équilibrent. Bon avec un héros varié et maniable. Mauvais par des passants cubiques et des immeubles pixellisés (si si regardez!).
Musicalement, rien à dire, on ne pourrait faire mieux. Mettez Danny Elfman à la musique et ce jeu est le meilleur du monde... Mais c'est pas le cas et c'est pas mal du tout quand même!!!!!
Ensuite, combien de temps pour finir le jeu ? Le mode histoire de boucle vite, on progresse sans trop rencontrer de difficultés. Mais les maniaques qui veulent tout finir à 100% auront du fil à retordre, New York regorge plus de secrets qu'il n'y paraît.
La maniabilité du personnage est également exceptionnelle, et c'est bien ce qu'il y a à retenir du jeu. A la manière de GTA, se balader est un véritable plaisir.
"Spider-Man 2" ou un jeu commercial au final très correct, qui a de quoi séduire comme de repousser les intéressés. Pour ma part, je passe de bons moments à flotter entre les buildings.
Disponible en Platinum, coûte au plus 30€. February 15 Big FishDepuis le remake de La Planète des Singes en 2001, Tim Burton s'était fait très discret sur le devant de la scène. En 2003 sort Big Fish, film très attendu par les fans du bonhomme. Mais, surprise!(bonne ou mauvaise), le film en question s'avère assez surprenant. Commençons en tant que simples spectateurs ignorants. Les affiches promotionnelles de Big Fish annoncent "Un film directement issu de l'imagination de Tim Burton". Publicité mensongère! S'il y a bien quelque chose que l'on peut reprocher à Big Fish et par la même occasion à La Planète des Singes, c'est le fait que ces deux films ne sont pas aussi burtoniens quand on les compare aux deux premiers Batman, à Edward Scissorhands ou encore Sleepy Hollow. Ensuite, deuxième slogan ornant l'affiche : "Une aventure plus belle que la vie elle-même". On aura tendance à être plutôt d'accord avec cette phrase qui donne directement le ton du film, qui oscille gentiment entre comédie dramatique, fantastique et épopée homérique. Apprenant que son père est mourant, un jeune homme sur le point d'être parent va tenter de percer le mystère qui entoure l'histoire paternelle, jusqu'ici dévoilée par des petits contes inventifs mais semblant loin de la réalité... Pour retrouver du Burton, du vrai, du pur, du bon, ce n'est pas Big Fish qui satisfera les attentes, à condition d'être très indulgent et de se laisser porter par la poésie gentiment désuète de cette petite histoire qui ne sera pas sans rappeler Forrest Gump dans son déroulement. En effet, si ce n'est pas le meilleur Burton, Big Fish a le mérite d'être plaisant à regarder, d'une légèreté et d'une joie de vivre très significative à tendance contagieuse, ce qui, avec du recul, est loin du Burton original. Il suffit de voir le personnage principal, Edward Bloom, un jeune homme sociable, sympathique, déterminé et joyeux, qui est le contraire même du héros (anti-héros, devrais-je dire) burtonien, généralement un être solitaire et maladroit, rejeté et désespéré (Le Pingouin de Batman Returns ou Edward de Edward Scissorhands pour l'exemple). A noter que le prénom Edward devient courant dans les héros de Burton : Edward, Ed Wood, Edward Bloom... Le film se constitue de deux histoires ayant pour héros Edward Bloom Junior et Edward Bloom Senior. Le premier tente de s'en sortir et entreprend un voyage fantastique dans le but de vivre heureux. Le second est au bout du rouleau et raconte son voyage fantastique, cloué au lit. Il est bien évident que c'est la première histoire qui mérite le plus notre attention, étant celle la plus joliment déjantée, la plus joyeuse et la plus légère. Le périple du jeune Bloom, interprété par Ewan McGregor (Star Wars : Episode I II III, Petits Meurtres Entre Amis, The Island...), est l'essence même du film, une fable grosse comme une maison qui ne se prend jamais au sérieux, tombant parfois dans le burlesque (voir le héros en extase d'apprendre que la fille de ses rêves dont il ne connaît rien aime...les jonquilles alors qu'il est en train de...laver l'arrière-train des éléphants) et qui permet de découvrir des personnages aussi originaux que malheureusement peu exploités. Le fantastique n'est présent que dans cette partie là du film, et c'est quelque chose de très discret, tourné de façon à ce que cela semble normal qu'un géant ou un loup-garou se ballade en liberté pendant que des arbres piègent des gens en forêt. Le personnage d'Edward Bloom est un être assez théâtral (autrement dit on aime ou on aime pas), un romantique sûr de lui, malin comme un singe, déterminé comme une armée. En bref, les caractères d'un explorateur qui ne sera pas sans rappeler Ulysse dans L'Odyssée d'Homère lorsque ce dernier tente de déloger un géant, que l'on pourra comparer au Cyclope du célèbre conte grec. Son sourire (celui de Bloom, pas du géant) est aussi charmant qu'exaspérant, car relevant d'une béatitude tellement communicative qu'on la jalouse inconsciemment, d'autant plus que le personnage ne fait que ça dans le film : montrer ses belles dents blanches. Mais l'histoire fantastique ne commence son apogée qu'au début car il faut dire qu'au fur et à mesure qu'avance l'histoire, la magie disparaît petit à petit pour laisser place à un monde de plus en plus dur et réel. Ainsi on commence avec l'adolescent qui déloge un géant pour ensuite finir avec un commercial de plus en plus ambitieux qui risque de tromper sa femme, en passant par la guerre contre les Japonais. On peut le prendre comme une métaphore du passage adolescent/adulte, avec un monde qui s'assombrit et devient de moins en moins fantastique de jour en jour pour ensuite aboutir à l'annonce fatale de la maladie incurable. La deuxième histoire tient plus du mélodrame, d'un réalisme abouti (ce qui est rare chez Tim Burton), qui permet de placer le contexte de l'histoire fantastique du jeune Bloom. Là, Bloom (joué par Albert Finney) est vieux et mourant, et se fait harceler par son fils qui veut connaître la vérité et non pas le conte pour enfants tant ressassé. Fini le fantastique onirique, place au réalisme fatal de la vie. Pas franchement passionnant, cette partie du film est, comme je l'ai déjà dit, nécessaire pour replacer le contexte. Pas passionnant, mais ce n'est pas non plus chiant à en mourir, qu'on se le dise! Les deux histoires se succèdent sans trop de problème, à noter quelques baisses de rythme quand on passe de la jeunesse trépidante du jeune Bloom à la désespérante vieillesse du même monsieur en plus vieux. Au niveau technique, Burton ne livre pas non plus quelque chose de très habituel. Les images sont propres, nettes, colorées, vives, belles... Mais d'une beauté qui n'est pas burtonienne. A part la scène de la forêt au début du film, tout est beau, neuf, opérationnel... Voilà de quoi dérouter les Burtoniens purs et durs... Et surtout tout est calme, paisible. Les plans aquatiques sont nombreux, que ce soit le lac, la pluie, la piscine, Burton laisse flotter sa caméra à la surface de l'eau assez souvent. Niveau ambiance sonore, on oubliera la partition de Danny Elfman qui est sans doute la moins marquante pour tous les films de Tim Burton. Pas de thème principal, juste une musique d'ambiance. On reconnaîtra le style, mais pas la verve du compositeur qui semble s'être endormi devant ses notes, mis à part quelques morceaux entraînants rythmés au violon (cf. la scène où Edward court après la petite Jenny pour récupérer ses chaussures). On préfèrera les musiques country (pas de Elfman, hélas!) qui jalonnent le film lorsque ce dernier évoque les années 70. En conclusion, Big Fish est un bon film. Tim Burton livre ici une oeuvre maîtrisée mais loin de son travail habituel. Plus posé, plus doux, plus harmonieux mais plus facilement oubliable, le réalisateur donne naissance à un long-métrage somme toute distrayant, qu'on peut revoir des dizaines de fois sans se lasser. Impossible à caser dans un genre de films, Big Fish rassemble la comédie, le drame, le fantastique, la chronique avec beaucoup d'aisance. Bilan plus que positif. January 18 Top 20 DVDramaLe site DVDrama.com a publié mon Top 20!!!!
N'ayez pas peur de laisser des commentaires là-bas (si vous êtes inscrits) ou ici (si ce n'est pas le cas)!!
Merci à tous!!
Je fais ma pub!! December 18 Harry Potter Et La Coupe De FeuEn ce jour pluvieux du 2 Décembre 2005 j'ai enfin vu le film "Harry Potter Et La Coupe De Feu". Depuis que j'ai lu le livre en 2001, je me suis demandé comment allait être le film et ai attendu impatiemment la sortie du long-métrage, qui, en 2h35, résumait environ 800 pages.
Les coupures sont nombreuses, beaucoup de détails sont omis, mais la grande qualité est, contrairement à ce qu'ont dit certaines personnes qui étaient avec moi dans la salle, que les coupures et autres saccades sont beaucoup moins brusques. Mieux, tout est calme, posé, l'adapatation est fidèle, aussi bien dans l'esprit que dans l'essentiel de la trame, même si elle est très raccourcie.
Mais jamais le spectateur n'ayant pas lu le livre ne se sentira largué, contrairement aux premiers films où il a pu s'embêter, s'endormir ou encore se poser des questions.
"La Coupe De Feu" est ainsi très paisible. On n'essaye pas dans d'en montrer le plus dans le plus petit temps imparti, les objectifs sont déjà fixés. A part un début trop rapide qui a tendance à tirer le spectateur de sa torpeur, le reste de l'intrigue prend son temps à se poser et ce n'est pas plus mal. De nombreux détails disparaissent ou changent de place (on voit Barty Croupton Junior dès le début), mais le grand choc, c'est encore et toujours le début, car il faut tout de suite arriver à l'essentiel. De quoi décevoir les fans les plus assidus et de perdre les spectateurs de la première heure.
Mais aussi, quelle erreur de vouloir à tout prix comparer le film au livre!!
Nous sommes au courant depuis janvier 2005 que le film ne durera que 2h35, et il y en a encore qui s'étonnent qu'il manque des choses!! Il y a là aucune volonté d'apprécier le film pour ce qu'il est, autrement...Un film!! Il est impossible de retranscrire dans sa quasi-totalité le livre de 800 pages. Les sous-intrigues sont nombreuses, et dans le livre, elles sont placées de façon à ne pas alourdir l'histoire.
Or, nous ne sommes pas dans un livre, et le plus important pour les suites à venir est de garder l'essentiel de l'histoire. Les fans pourront blâmer le scénariste, il n'en reste pas moins qu'il est assisté par J.K. Rowling elle-même. J'entends déjà les "Ouais ben elle charcute son travail toute seule!!". Merde quoi, il faut savoir faire des sacrifices!! J'ai même cru comprendre que dans les trois premiers films, celui dont l'écrivain est très fière est "Le Prisonnier d'Azkaban" qui est sans aucun doute le plus charcuté des quatre au niveau du déroulement de l'année scolaire (on n'exceptera le fabuleux final).
Il y a bien une chose qui est sans doute très difficile à mettre en oeuvre. Une chose quasi-absente des films de Columbus que l'on retrouve dans le film de Cùaron et qui éclate dans celui de Newell : l'ambiance scolaire. Voir les élèves allongés dans le parc, à discuter entre eux, c'est réaliste. Pour exemple, juste avant que Cedric Diggory ne mette son nom dans la Coupe de Feu, ce sont ses camarades qui le poussent jusqu'à l'objet magique en question. Ou encore l'ironie que les jeunes d'aujourd'hui utilisent beaucoup. Avant la seconde tâche, Neville demande à Harry anxieux de ne pas voir Ron et Hermione "Tu as l'air inquiet, Harry". Ce dernier répondra avec le ton de la mort qui tue "Ah oui tu crois?". Une rage, une crise d'ado, enfin!! Une vraie!! On restait sur notre fin avec le "Je vais le tuer!!" du 3ème film.
Les relations amoureuses ne sont pas exclues, et le Bal de Noël (un moment très drôle) en est le théâtre. Entre Ron et Hermione qui se disputent, laissant présager qu'il y a plus que de la simple amitié entre ces deux-là, ça fait gagner en crédibilité. Le tout est surtout porté par les acteurs qui gagnent en maturité. Sans atteindre la perfection, les personnages deviennent de plus en plus attachants au fil des épisodes. On remerciera également la version française qui se surpasse. Mais quelle drôle de voix pour Maugrey Fol Oeil qui est doublé par Patrick Béthune (soit le doubleur de Jack Bauer dans "24h Chrono") ou encore celle de Voldemort (la voix de Milton Dammers de "The Frighteners")?? Il n'en reste pas moins que le fossé entre l'interprétation des adultes et celle des enfants/ados se réduit toujours autant et c'est tant mieux!! On regrettera juste que Dumbledore soit assez surprenant. On le savait un peu fou sur les bords, mais là, le fou joyeux devient un fou anxieux et nerveux qui n'hésite pas à plaquer Harry Potter contre un mur ou à répondre de façon très froide à ses collègues ("Que suggérez-vous, Minerva?"). Pas vraiment choquant mais assez surprenant...
Mais il est dommage que parmi les nouveaux personnages, aucun ne soit traité plus en profondeur, ne serait-ce que Cedric pour le final. Ainsi, seul Maugrey, que l'on voit souvent mais qui se fait somme toute assez discret, sera le personnage marquant de ce film. Victor Krum est à la base peu bavard mais on l'entend parler deux fois dans tout le film!! Une petite discussion entre lui et Harry à propos de Hermione aurait été la bienvenue et ainsi aurait pu mieux amener la mort de Barty Croupton. Au lieu de ça, il se contente de jeter des regards de tueur à tout le monde et à lever le poing en signe de victoire ou de respirer bruyamment à la façon d'un obsédé ou d'un violeur au-dessus d'une Fleur Delacour impuissante.
Fleur Delacour est le personnage le moins bien exploité. A la base, c'est une Française jolie mais puissante, sorte de beauté fatale qui lui est propre (et qui bizarrement est répandue dans toutes les Françaises avec leurs petits papillons et soupirs orgasmiques), elle ne se laisse pas faire, et il est dommage qu'on ne l'entende pas protester lors de la nomination de Harry. D'ailleurs, le seul champion qui montrera son désaccord avec la Coupe de Feu sur le 4ème champion, c'est Cedric Diggory. Son visage exprime la haine et le dégoût quand tout le monde débat sur le pourquoi du comment que Harry participe au tournoi. Il est cependant légèrement contraire au bouquin. Alors qu'il devrait être loyal et sympathique, même quand Harry lui en veut de sortir avec Cho Chang, il est là presque insupportable, limite à ce qu'il ne soit pas heureux que Harry subisse les moqueries de toute l'école. Même le "les badges ce n'est pas ma faute" sonne mal. On devrait le voir au contraire beaucoup plus coulant, voire même qu'il défende Harry et un dialogue dans ce style envers les Poufsouffles aurait été le bienvenue :
-Arrêtez de vous foutre de lui, ce n'est pas sa faute.
-Tu crois qu'il n'a pas mis son nom dans la Coupe de Feu, Diggory?
-Non, je ne pense pas.
-Dommage que ton avis ne fait pas l'unanimité.
Quand l'envie me prend d'être scénariste^^ Mais voilà quelque chose dans ce ton, ç'aurait été sympa. Cedric est également très compétitif dans le film. Dans le labyrinthe, lui et Harry se livrent à une course folle pour arriver au trophée, n'hésitant pas à se projeter sur les murs, à se tirer le t-shirt, à se bousculer... On n'aurait pas été étonné qu'il reparte de plus belle quand Harry l'aurait sauvé des murs mouvants.
Les directeurs des écoles étrangères sont également peu présents. Madame Maxime n'est là que pour l'idylle avec Hagrid, et Karkaroff, bien qu'inquiétant, est assez effacé (nulle part est mentionné son départ précipité au retour de Voldemort). De même, Rita Skeeter, dont la faculté d'animagus est totalement zappée, reste très très secondaire. On la devine chiante mais pas autant que dans le livre où elle est très fourbe. On peut éventuellement noter un petit côté pédophile quand, dans le placard à balais, elle se plaque presque contre Harry en murmurant un langoureux "c'est intime ici".
Les professeurs McGonagall et Rogue sont les plus crédibles. Entre Rogue qui frappe Ron et Harry avec un livre parce qu'ils bavardent ou encore McGonagall qui "oublie" malencontreusement de dire à Harry qu'il va ouvrir le Bal, il n'y a pas photo. Même Flitwick, au look moins vieillard mais plus délirant (la moustache et le monocle) reste un petit (c'est le cas de le dire) personnage bien marrant (le coup de la fourchette dans la main, c'est drôle mais surtout douloureux, presque violent, preuve d'une maturité sans cesse grandissante). Trelawney, on s'en passe très bien pour le moment car elle est totalement absente du film, reste à savoir si on pourra également s'en débarrasser dans le trop long "Ordre du Phoénix".
A noter également les jumeaux Weasley pour la première fois exploités à leur juste valeur. Chacune de leur apparition est tordante, entre les moqueries, les paris (un clin d'oeil au pari avec Verpey totalement zappé, comme Verpey d'ailleurs?) ou leurs défis, le scénariste a enfin compris qu'il fallait exploiter ces deux frères, trop laissés de côté dans les précédents films.
De même, Voldemort n'est pas assez charismatique. Ralph Fiennes joue bien, c'est évident. Mais tout comme Dumbledore, il est trop sautillant, pas assez calme. L'excitation de la renaissance peut-être? Quoiqu"il en soit, physiquement, il est parfait.
Barty Croupton Junior est amené dès le début mais la scène de la Pensine, qui nous permet de mettre un nom sur son visage, est sans aucun doute le passage modifié le plus pertinent. Au lieu d'assister à trois procès différents, on assiste à un seul (celui de Karkaroff) qui dénonce en public le nom de l'agent double du Seigneur Des Ténèbres. On notera un tic que le fils a (un mouvement avec la langue sur le côté à la manière des reptiles) et que son père (tout comme la plupart des personnages, pas assez développé) reconnaîtra parmi le déguisement qu'il aura pris. Ce détail ne figure pas dans le livre, et, à la manière des pierres que Hermione lancera sur le double de Harry dans le 3ème film, il s'avère être un petit plus pertinent et savoureux.
Il est juste dommage qu'un élément grand spectacle ait disparu, c'est... La coupe du monde de quidditch!! On ne nous épargne pas la présentation des équipes (un spectacle 100% numérique) mais, à la façon d'un supplice, on nous place un bonbon sur la langue qui disparaît quand on s'apprête à le sucer. Vraiment dommage! Heureusement les tâches sont assez entraînantes pour assurer le suspense.
En tête le combat contre le dragon, qui, bien que s'accordant des petites libertés, gagne en scène d'action. La poursuite en balai sur les tourelles du château est magnifique, et Harry qui tombe et s'accroche et retombe, c'est du bon spectacle de héros malmené à la Spider-Man 2.
Le Lac Noir est une scène très belle aussi mais marquera moins les esprits, malgré des décors et une ambiance magnifique.
Le Labyrinthe ne possède pas de créatures dangereuses, mais a le mérite d'être bien angoissant avec ses murs mobiles et les participants qui veulent gagner à tout prix peuvent bien représenter le plus gros danger. Le sentiment d'oppression qui règne lors de cette scène est hallucinant. La caméra sert de près les acteurs, on se sentirait presque claustrophobe. Ce n'est pas encore "Panic Room" mais y a du potentiel pour une production de Noël.
La musique de Patrick Doyle accompagne brillamment ce long-métrage. Je ne m'attarderai pas plus là-dessus, j'en ai déjà parlé dans un précédent article.
Tout ça pour dire que Mike Newell a réalisé un bon film. Plus calme et moins nerveux que le "Prisonnier d'Azkaban", moins brusque et plus posé, "La Coupe de Feu" est LE film Harry Potter.
L'apogée est atteinte, je pense. "L'Ordre du Phoénix" de David Yates ne m'emballe pas plus que ça, ayant été déçu par le 5ème bouquin beaucoup trop longuet.
VIVE "LA COUPE DE FEU"!!
December 01 Harry Potter 4 : MusiqueUn gros point noir pour "Harry Potter Et La Coupe de Feu", c'est de ne pas avoir dans son équipe le compositeur tant reconnu qu'est John Williams.
Le grand homme avait en effet composé les partitions des trois premiers films et quel dommage de ne pas retrouver ce dinosaure de la musique de film aux commandes des thèmes dont auraient pu faire l'objet les nouveaux personnages du quatrième épisode de la saga Harry Potter (on pensera notamment à Rita Skeeter, Cedric Digorry, Cho Chang, Victor Krum, Fleur Delacour, Voldemort...).
Encore qu'il n'y a pas trop à pleurer quand à l'arrivée du nouveau compositeur britannique, Patrick Doyle, à qui l'on doit la musique de "Bridget Jones" ou du "Frankenstein" de Kenneth Brannagh (Gilderoy Lockhart dans "Harry Potter Et La Chambre Des Secrets").
La bande originale est ainsi disponible depuis presque un mois sur le net et peut se trouver dans n'importe quel bon disquaire.
Voici d'ailleurs un lien pour l'écoute complète de l'album :
Mais au final, qui devons-nous plaindre ? Nous, pauvres auditeurs vexés que le grand Williams n'ait pas fait son Come Back ou bien Patrick Doyle, qui succède au grand monsieur avec pas trop de casse ?
Car il faut le dire : succéder à Mr Williams est certes un grand honneur, encore faut-il en être digne.
Mr Doyle (Monsieur, y a une marque de respect dedans, donc son travail n'est pas mauvais) réussit cependant le pari de garder une certaine continuité dans des thèmes peut-être moins marquants mais qui savent garder une certaine magie, à défaut d'oublier de nombreuses fois le thème principal de Harry Potter, qu'on retrouvera cependant dans les morceaux The Story Continues et Foreign Visitor Arrive, un thème reconnaissable entre tous mais cette fois abordé de façon plus mature, plus grandiose.
Voici une analyse plus ou moins complète de chaque morceau que j'ai pu me procurer :
01 - The Story Continues
Sans doute le meilleur morceau de l'album entier, pour le moment. Une marche imposante, mystérieuse, ténébreuse, rapide, avec un petit son cristallin et l'arrivée du thème principal, tout à fait inattendu, car si on ne sait pas que c'est du Harry Potter, tant que ce merveilleux thème n'est pas encore arrivé, on ne se doute de rien. 5/5
02 - Frank Dies
Une musique d'ambiance très sombre. Vite oubliée (comme toute musique d'ambiance), elle n'en reste pas moins qu'elle accompagne brillamment un passage très sombre du film. Une musique de post-introduction qui met directement dans le ton. Mais bon, sans plus... 1/5
03 - The Quidditch World Cup
Il s'agit de la présentation des équipes d'Irlande et de Bulgarie. La musique commence par une hymne très irlandaise, pour enchaîner avec une marche plus virile pour la Bulgarie (marche que l'on reconnaîtra, car ayant servi de fond musical au premier Trailer de "La Coupe de Feu") entraînée par beaucoup de percussions et des cris de mâles, de vrais mâles, des guerriers (peut-être le thème de Krum?)!! Morceau sympathique mais pas marquant pour un sou. 2/5
04 - The Dark Mark
Cette musique ne figure que par fragment dans le film. On retrouve des petites pointes du nouveau thème, la musique est rapide et dramatique, on retiendra les passages aux alentours de 1min30 et 2min20. Un morceau très correct. 3/5
05 - Foreign Visitor Arrive
Il s'agit de l'arrivée des écoles étrangères mais aussi des élèves de Poudlard. La mélodie commence avec le thème principal de Harry Potter, version dramatique, beaucoup de violons, puis ça enchaîne avec des cuivres, et des sons très aigus pour souligner l'arrivé du Carosse Volant de l'école française de Beauxbâtons et de ses élèves femelles. Ensuite, les cuivres reviennent mais très brièvement, sans doute pour la sortie du lac du navire de l'école bulgare de Durmstrang. Même remarque que pour la musique précédente : sympa mais court et pas marquant. 3/5
06 - The Goblet Of Fire
La musique est sombre et mystérieuse, très grave. Même les sons plus aigus qui interviennent font tâche. Un thème léger fait cependant son apparition (un soulagement), puis un autre thème, plus dans l'espoir, plus enjoué. Puis grand silence. Roulement de tambours et une musique encore plus dans le même esprit. Ensuite, le thème de l'académie apparaît pour la première mais un déchaînement très grave explose. On sent que quelque chose de pas net s'est produit. Un autre silence, puis des percussions très graves, stressantes mêmes... Le thème sombre revient pour conclure cette partition mystérieuse, dont l'action tournant autour est à la base du suspense du film (et livre) entier. 3.5/5
07 - Rita Skeeter
Un thème assez frais et sautillant, qui a su apparemment capter l'excentricité du personnage à qui il est destiné. Aigus et graves se côtoyent pour donner lieu à une mélodie délicieusement prétentieuse et humoristique. On trouvera que ce morceau ressemble beaucoup à "Gilderoy Lockhart", un des morceaux de la B.O. de "La Chambre des Secrets". Sympathique à écouter. 3.5/5
08 - Sirius Fire
09 - Harry Sees Dragons
Le principal attrait de ce morceau est d'entendre un motif romantique assez comique pour souligner la romance Hagrid-Mme Maxime. Musique d'ambiance, on retrouve le motif principal à la vue des dragons.
10 - Golden Egg
Une marche victorieuse et motivante, très tape-à-l'oeil, on se doute que la scène qu'elle accompagne est spectaculaire. Les cuivres, les graves et les percussions s'en donnent à coeur joie pour donner cette impression de spectacle, de suspense et, on s'en doute, d'action. A noter un passage allant de 2min25sec à 5min20sec très héroïque, pour l'une des meilleures scènes du film. Sinon, rien d'autre à dire. C'est une musique d'action, qui remplit très honorablement son but. 4/5
11 - Harry In Winter
Avec The Story Continues, il s'agit d'une des plus belles musiques. Une somptueuse valse romantique chaleureuse pour nous réconforter de l'hiver régnant au-delà des mûrs du château. Très doux, très mélancolique, très indécis en fait, tout comme les sentiments de nos jeunes héros en proie à leurs hormones bouillonnantes. 4.5/5
12 - Potter Waltz
13 - Neville's Waltz
14 - Myrtle's Move
15 - The Black Lake
La musique semble provenir des abysses et c'est bien normal puisqu'elle doit illustrer la profondeur aquatique du lac entourant l'école de Poudlard. Tout comme "Golden Egg", c'est une musique d'action. L'utilisation des cuivres devient monnaie courante, ça permet de faire une ambiance chaleureuse ou froide sans trop changer les plans sonores. La suite du morceau est ensuite plus bruyante, plus dans l'esprit de "Golden Egg".
La fin se traduit par le thème de la victoire déjà entendu dans la piste précédente. 3/5 16 - Hogwarts March
Je ne sais pas pour vous mais je trouve cette musique ridicule. Pas spécialement belle, elle est toutefois drôle et exagérée. On y entend quelques thèmes récurrents repris à la sauce bien grave des cuivres langoureux. Malgré son air joyeux et désinvolte, cette hymne est le calme avant la tempête. 1/5
17 - The Maze
Ca commence bien. Effrayant, oppressant, un sentiment d'insécurité règne. Les cuivres y sont menaçants. Quelques mélodies rapident interviennent ici et là pour illustrer les péripéties des héros. Mais c'est bien le côté menaçant qui est le plus probant. Un danger règne, ce n'est plus une compétition. On devine que cette musique va illustrer de nombreux morceaux de bravoure et de courage. La menace se calme vers 4min10sec. Puis un son aigu revient pendant 5sec pour redisparaître aussitôt. Tout comme la plupart des morceaux, c'est du bon mais qui s'oublie vite. 3/5
18 - Voldemort
La scène finale, le morceau dure environ 9 minutes. Le début ne semble pas différer des autres morceaux d'action, sauf que la note sombre est bien plus nette. Un excellent morceau pour un final percutant. Plus marquant que les autres morceaux, il est même violent et tortueux. Bien joué, Mr Doyle! 4/5
19 - Cedric
Un des morceaux les plus tristes du film. Après tant de cuivres et de vents, on a ici droit à des cordes très aigues, très tristes pour souligner l'affreux malheur survenu. Le titre de la musique n'est pas le bon car il gâche le suspense pour ceux n'ayant pas lu le livre. il faut juste savoir qu'il s'agit d'une des meilleures partitions de l'album avec "The Story Continues" et "Harry In Winter". 4/5
20 - Another Year End
Rien de transcendant dans ce morceau qu'est celui des adieux, de la fin pleine d'espoir à tendance patriotique dans le genre "On va vivre des moments difficiles mais on gagnera malgré tout". Assez bof... 1/5
21 - Hogwarts Hymn
Contrairement à "Hogwarts March", ce thème est plus posé, plus doux, plus paisible. On retrouve les cuivres et les instruments à vents apaisants. il s'agit encore d'un des meilleurs morceaux, très beau, très sobre. Il ne reste pas en mémoire mais il est vraiment beau. 4/5
22 - Do The Hippogriff
23 - This Is The Night
La grande nouveauté dans les B.O. Harry Potter, c'est le rock qui sert à montrer que nous sommes dans l'adolescence pure et dure. Cette chanson est assez connue, il paraît. Moi, je ne connaissais pas mais c'est très sympathique. Un p'tit rock enjoué, à tendance British. Allez, un p'tit coup : "THIS IS THE NIGHT!!"
The Night pour faire quoi ? On se le demande^^ 3.5/5
24 - Magic Works
October 29 The Truman ShowLe film dénonçant la télé-réalité avant même que cette dernière ne s'introduisit sur les écrans...
On reproche à Jim Carrey d'en faire des tonnes. Il suffit de penser à ses rôles toujours très vifs, que ce soit dans le schyzophrénique "The Mask" ou "Fou d'Irène", le délirant "Ace Ventura" ou l'inquiétant "Disjoncté", mais dans "The Truman Show", nous avons droit à un type normal. Bien sûr, Jim Carrey ne peut s'empêcher de nous sortir le fameux sourire légèrement benêt mais qui le qualifie comme un acteur de qualité, considéré comme un des plus drôles de sa génération, et surtout un de ceux coûtant le plus en ce moment. Quand on pense que cela fait seulement dix ans qu'il est connu du grand public, on peine à y croire...
Mais revenons sur "The Truman Show". Peter Weir, réalisateur du "Cercle des Poètes Disparus", livre ici un film à double sens, à la fois léger et incisif, divertissant, drôle mais terriblement réaliste et dénonciateur de ces gens qui s'enferment dans un monde de rêve, autrement dit tout le monde... Dès que vous lisez, regardez un film, écoutez de la musique, vous vous enfermez dans votre propre monde, et involontairement ou pas, vous fuyez un temps la réalité. Mais je ne vais pas vous faire la morale et la philosophie me prend la tête. De toute façon, je suis comme vous, ne me blâmez pas!!
Encore une fois, je dévie... "The Truman Show", c'est le destin d'un homme qui petit à petit se rend compte que sa vie est une émission de télé. Depuis qu'il est né, tout est faux : ses parents, ses amis, sa maison, sa femme... Même le soleil et la lune ne sont pas les vrais!!
Vous rendez-vous compte le caractère et les nerfs que l'on devrait avoir si on se retrouvait dans une telle situation en ignorant ce qui se trame ?
Truman est donc la seule chose vraie d'un monde entièrement artificiel, un monde que l'on préfère à la réalité, un "monde de rêve" à la mode des années 60. Homme au bureau, femme aux fourneaux... En quelque sorte, un peu comme la vague de nostalgie qui a régné il y a de cela deux ou trois ans (rappelez-vous M6 et ses "Génération 70/80/90"), quand on est en panne d'inspiration, on utilise le sentiment qui vous permet d'embellir le passé. "The Truman Show" est donc un véritable pamphlet au retour à la vie traditionnelle américaine. Les gens sont heureux, aucune distinction (la famille africano-américaine, ça peut vous sembler banal mais dans un contexte des années 60, la ségrégation battait encore son plein...), le travail rend heureux, occupe l'esprit, permet de subvenir aux besoins et de se sentir utile sur cette planète.
Mais comme dans tout programme télé, la publicité est présente. Discrète mais présente. Pesante, même!! Les deux frères jumeaux qui plaquent à chaque fois Truman contre une affiche vantant les mérites d'une marque de poulet, le bon copain qui dit à Truman "Bois la bière machin chose, elle est excellente, mais n'en abuse pas, pense à ta santé", la femme qui dit à son mari "Je vais te faire un peu de cacao truc chouette, je n'en ai jamais bu de meilleur, récolté à la main...", etc...
Mais Truman n'est pas dupe. Le duper quand il n'avait que dix ans était facile. Mais passer la trentaine, comment retenir un homme dont la seule ambition était de devenir explorateur ? De plus, faire tourner un monde aussi faux pour un seul homme qui n'est pas au parfum, n'est pas la chose la plus facile. Acteurs qui craquent, fréquences radios qui défaillent, fans assidus qui s'introduisent...
Heureusement, une poignée de gens oeuvre pour libérer le pauvre Truman, car le principe du "Truman Show" repose sur un fait unique dont la renommée s'est faite mondiale en près de trente ans de diffusion continue.
Les gens qui suivent cette émission semblent stéréotypées, exagérées, caricaturées... Les vieilles avec leur coussin "Truman" dans les bras, le beauf qui vit dans sa baignoire après y avoir installé sa télé, les serveuses qui ne travaillent qu'avec les yeux rivées sur l'écran, etc... Hélas, des gens comme ça existent. Si ça se truve, vous en faites parti. Et histoire de rééquilibrer la balance, je peux en faire parti........ Mais l'histoire n'est pas là, je sais que je ne suis pas comme ça, alors passons sur cette parenthèse!!
La vie de Truman est entièrement scénarisée. De nombreux problèmes se sont posés sur comment retenir un homme en un seul et même endroit. De plus, certains acteurs font des dépression, il faut donc trouver des excuses pour justifier leurs absences et les remplacer par des nouveaux personnages... Mine de rien, le système est moins simple qu'il n'en a l'air. Pour un peu, le "Truman Show" pourrait être considéré comme le film "The Sims", où l'on dirige entièrement une famille dans son quotidien. Principe à la base d'une simplicité déconcertante mais dont les détails qu'on a tendance à oublier figurent bel et bien et qu'il faut gérer, pas toujours avec succès...
La réalité dépasse cependant la fiction. Les créateurs de l'émission "Truman Show" en prennent pour leur grade quand ils oublient que la population de leur "monde parfait" n'est en fait composée que d'acteurs.
"Non, ils n'arrivent pas à faire démarrer le ferry... Pourquoi?? Mais ce sont juste des acteurs!!"
Mais le pire dans tout cela : quand tout est fini, malgré le fait qu'un homme ait appris la vérité en direct, sous les yeux du monde entier, on ne trouve rien de mieux à dire que "Y a quoi sur l'autre chaîne?". October 09 Les Frères GrimmComme dernier fim vu au cinéma récemment : "Les Frères Grimm", de Terry Gilliam.
Si mes références sont bonnes, je crois que Terry Gilliam était un des Monty Python avec John Cleese et Eric Idle, et est le seul à avoir continué une carrière de réalisateur ("Brazil").
Le tournage de "L'Homme qui tua Don Quichotte" stoppé pour je ne sais quelle raison, Mr Gilliam, dont je ne connais pas trop les films, s'est adonné à faire un film de commande.
Ledit film de commande n'est pas mauvais du tout, bien au contraire. L'ambiance est soignée et ne sera pas sans rappeler un certain Sleepy Hollow avec ses arbres tordus et ses feuilles mortes. Mais là où "Sleepy Hollow" excellait, c'est-à-dire à beaucoup de niveaux mais plus particulièrement celui visuel, "Les Frères Grimm" peine à se rendre achevé de ce côté-là, notamment en ce qui concerne l'inscrutation des effets numériques franchement pas discrètes. La caméra est plutôt à l'aise et n'a pas peur de bouger un peu partout, même si des fois on ne comprend plus rien, mais si les images ont tendance à être jolies, elles ne s'avèrent pas assez crédibles dans le sens où chaque trucage est rapidement démasqué. Ne parlons même pas de certaines créatures qui sont à mille lieues de concurrencer les T-rex de "Jurassic Park", à commencer par un loup totalement surfait et tremblotant.
Là où la trouvaille est astucieuse, par contre, c'est que la lumière, bien que assez jaunie, subit un contraste très foncé, donc certains effets visuels comme les arbres qui bougent tous seuls ne sont pas trop décelables.
Ensuite, bon ben... Les décors moyen-âgeux... Là, y a rien à dire dessus, c'est assez souvent bien rendu et bien filmé aussi. Le plan où des oies se bousculent vers la caméra, mais on a presque envie de faire un bond de côté pour les éviter!!
Grosse production (et surtout tapage médiatique assez présent) implique forcément des acteurs connus. Les premiers en tête sont Matt Damon, qui sort de son image de beau gosse des rues pour jouer un frère rancunier et rationnel à la fois sale et raffiné. L'autre frère Grimm est interprété par un bonhomme dont je n'ai plus le nom en tête. Mais y a pas grand chose à dire là-dessus. L'autre point fort de la distribution : Monica Belluci en reine assoiffée de beauté (on peut encore se demander pourquoi mais on le comprend bien assez tôt dans le film). Qui mieux qu'elle pouvait jouer ce rôle ? En plus, elle est déjà reine dans le coeur de beaucoup, cette femme, mettez-lui une couronne, ça ne changerait pas grand chose.
Le scénario... Bon attention : on ne raconte pas la vie des frères Grimm, ou du moins pas la véritable. Ici, on se sert de leur nom pour amener une intrigue qui, par pas mal de clins d'oeil, permet de donner vie aux contes que l'on ne connaît que trop bien. Allant d'un simple plan où une vieille frappe à la porte une pomme rouge à la main jusqu'à la poursuite stressante d'une petite fille habillée en rouge un panier de victuailles à la main, on brasse un peu de tout pour donner consistance à une histoire fantastique bien ficelée mais sans un gramme de folie pure. Ainsi, les méchants sont les seuls dignes de mourir, les gentils ont quant à eux toujours beaucoup de chance, et c'est là que ça fait du tort au film. "Les Frères Grimm" est vraiment un bon film, malgré ses effets visuels foireux, grâce à des trouvailles ingénieuses et une histoire originale et sympathique. Mais là où le frisson aurait pu être total (on frissonne pas mal des fois mais pas assez longtemps), on se contente d'adoucir le tout avec des ruses bien connues (gilet pare-balles...). Pas franchement dégradant mais vite chiant à la longue. Ca reste un divertissement de qualité.
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